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Pénuries de main-d’œuvre dans l’agriculture, suite aux mesures prises contre les sans-papiers


Les fermiers disent que les descentes de police et les menaces des instances publiques de poursuivre en justice les sociétés qui embauchent des sans-papiers se traduisent par de graves pénuries de main-d’œuvre qui pourraient forcer certains exploitants à la banqueroute, et entraîner une augmentation des prix des vivres.

Des milliers de clandestins ont été arrêtés et déportés suite aux récents raids dans au moins 7 grandes villes américaines. Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff avertit que l’immigration illégale ne sera pas tolérée. «Pendant de nombreuses années, nous avons traité l’immigration illégale en faisant semblant d’être durs. Je pense que nous devons montrer au public que nous sommes sérieux en ce qui concerne le respect des lois, telles qu’elles sont rédigées actuellement» a déclaré M. Chertoff.

Ce durcissement de l’application des lois en vigueur semble efficace. Or plus de la moitié de la main-d’œuvre agricole du pays est composée de clandestins. Un grand nombre de fermes ne pourraient pas fonctionner sans ces travailleurs bon marché, estime le secrétaire à l’agriculture du Wisconsin Rod Nilsestuen. «Si vous enleviez la main-d’œuvre hispanique de l’agriculture et des élevages laitiers du Wisconsin, nous serions en crise. C’est très simple» affirme M. Nilsestuen.

Les sans-papiers sont présents dans toute l’économie américaine, fait valoir le maire de New York. La grande métropole «s’effondrerait si tous étaient déportés» souligne Michael Bloomberg. Même son de cloche du côté des responsables locaux de Las Vegas dans le Nevada. Donald Taylor dirige le syndicat des travailleurs du secteur culinaire de la ville, le Las Vegas Culinary Workers Union. «Las Vegas s’arrêterait, nous nous arrêterions tout net. Les clandestins font tout: ils nettoient les chambres, servent les cocktails, préparent les repas et les servent et nettoient les planchers des casinos» dit M. Taylor.

Dans la vallée de San Joaquin, une zone agricole très riche de la Californie, on pense que certaines récoltes n’auront pas lieu cette année, la pénurie de main-d’œuvre se chiffrant à 20 pour cent. Certains états du pays ont pris les choses en main, sans attendre de décision du Congrès. L’état de Washington diffuse des publicités pour attirer les travailleurs agricoles, à qui l’on promet de meilleurs salaires et styles de vie. Selon Arturo Rodriguez du syndicat United Food Workers, les sans-papiers se terrent. «La réalité, c’est que nous disposons d’un nombre suffisant de travailleurs. Mais ils ont tout simplement besoin de sentir qu’on les protège, que leurs familles sont protégées. De cette façon, ils continueront de travailler dans l’agriculture» affirme M. Rodriguez.

En attendant, le ministère du Travail planche sur le programme de visa pour travailleurs agricoles légaux, pour déterminer comment on pourrait augmenter leur nombre. Mais certains pensent que c’est trop tard pour cette année, et que les récoltes en pâtiront.

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