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États-Unis : manifestation à Jena en Louisiane en soutien à des adolescents noirs


Des milliers de personnes ont défilé jeudi dans cette petite ville pour exprimer leur soutien à ces six jeunes Noirs, surnommés les «Jena Six», emprisonnés en décembre après avoir battu un camarade de classe blanc. Plusieurs dirigeants noirs militant pour les droits civiques ont prononcé des discours et comparé le rassemblement aux grandes manifestations des années 60 en faveur de l’égalité des droits.

Les six adolescents noirs ont d’abord été accusés de tentative de meurtre pour avoir passé à tabac l’écolier blanc. Cinq ont été jugés comme adultes et le sixième a été traduit devant un tribunal pour mineurs. Les chefs d’accusations de quatre des accusés ont ensuite été réduits. Un cinquième, qui avait été condamné à 15 ans de réclusion, a vu sa sentence annulée en appel la semaine dernière. La cour d’appel a statué qu’il avait été incorrectement jugé par un tribunal pour adultes.

L’attaque contre l’écolier blanc a eu lieu quelques semaines après un incident raciste à Jena. Un arbre situé devant le lycée était surnommé «l’Arbre blanc», du fait qu’il servait traditionnellement de point de rencontre aux élèves blancs. Un lycéen noir a voulu défier la tradition en exprimant l’intention de s’asseoir dessous. Trois étudiants blancs ont ensuite accroché à l’arbre des cordes de pendu, symboles des lynchages - les pendaisons de noirs perpetrées par les blancs dans le sud des États-Unis au 19ème et 20ème siècle.

Les autorités scolaires ont minimisé l’incident, le qualifiant de «plaisanterie», et les coupables ont été priés de rester chez eux quelques jours. L’arbre a ensuite été abattu.

Le procureur du comté, Reed Walters, a refusé de poursuivre les trois étudiants blancs qui avaient accroché les cordes de pendu, au motif qu’aucune loi n’avait été enfreinte. Il a également soutenu qu’il n’y avait pas eu de racisme dans les poursuites engagées contre les étudiants noirs. De l’avis de monsieur Reed, les souffrances du jeune blanc passé à tabac, Justin Barker, sont ignorées dans la controverse.

Pour les dirigeants en faveur des droits civiques, dont Al Sharpton et Jesse Jackson, ces dossiers montrent que les autorités de Jena, qui compte environ 3.500 habitants, dont une majorité de blancs, sont injustement sévères envers les Noirs.

Interrogé au sujet de la controverse aujourd’hui, le président George W. Bush a dit qu’elle l’attristait. Il a assuré que le FBI, la police fédérale, et le ministère de la Justice, suivaient la situation de près.

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