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USA : Menace terroriste persistante six ans après les attentats de 2001


L’Amérique a rendu un hommage solennel, mardi, aux victimes en ce mardi des attentats terroristes du 11 septembre 2007. Ces attaques d’Al-Qaida ont fait près de 3.000 morts ce jour-là à New York, au Pentagone et en Pennsylvanie. Six ans après ces attentats, les autorités américaines soulignent que les groupes extrémistes musulmans comme Al-Qaida posent toujours un grave danger aux Etats-Unis. En témoigne la récente déposition du secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff au sénat américain. « Ils ont toujours l’intention de lancer des attaques contre les Etats-Unis, de préférence en territoire américain, sinon contre les intérêts américains ailleurs dans le monde. Je pense qu’ils cherchent à former des agents capables d’attaquer à partir de l’étranger... Ils espèrent aussi pousser à l’extrémisme des gens ici même aux Etats-Unis », a déclaré Michael Chertoff.

Le directeur national des Renseignements Michael McConnell a, lui aussi, récemment au Congrès sur la menace terroriste. Il a mis l’accent sur le fort potentiel du réseau Al-Qaida d’Osama Bin Laden en dépit des efforts de Washington pour le démanteler. « Le fait qu’ils disposent d’un sanctuaire dans la zone tribale entre l’Afghanistan et le Pakistan leur permet de s’adapter et d’évoluer. Avec ce sanctuaire et un leadership déterminé, ils ont reconstruit leurs forces. Ce qu’ils n’ont pas, c’est un grand nombre de recrues pour accomplir les actes qu’ils souhaitent perpétrer », souligne le directeur national des Renseignements.

Michael McConnell a fait sa déposition au Congrès quelques jours après la publication d’une vidéo d’Osama Bin Laden - la première en trois ans - pour marquer le 6ème anniversaire des attaques du 11 septembre. M. MacConnell ne pense pas que le leader d’Al Qaida cherche à transmettre un message spécifique à ses supporters. « Nous ne pensons pas jusqu’à présent qu’il s’agisse d’un signal. Il sort périodiquement des vidéos », déclare le directeur national des Renseignements américains.

M. MacConnell ajoute que la capture d’Osama Bin Laden et de son adjoint Ayman Al-Zawahiri restent une priorité pour les Etats-Unis. « Washington y consacre beaucoup de ressources », affirme-t-il en substance.

Pour sa part, Robert Mueller, directeur du FBI, la police fédérale américaine, dit que ses services font preuve d’une grande vigilance pour contrer les efforts des groupes extrémistes qui cherchent à recruter des partisans aux Etats-Unis. « Il y a aux Etats-Unis des gens qui adhèrent à l’idéologie extrêmiste... Et nous coopérons avec nos partenaires pour les identifier avec certitude... Après identification, nous cherchons à déterminer dans quelle mesure il y a d’autres complices ici ou à l’étranger. Et nous oeuvrons pour contrecarrer leurs complots », a souligné Robert Mueller dans sa déposition au Sénat.

Le sénateur démocrate du Connecticut Joe Liberman, président de la commission de la Sécurité intérieure, est très préoccupé par ce possible danger. « Il y a des personnes ici même aux Etats-Unis qui ont gobé cette idéologie djihadiste et sont prêtes à tuer des américains innocents », déclare le sénateur Lieberman.

Comment Al-Qaida arrive-t-il à poursuivre ses activités, envers et contre tout, dans le monde, et en Afrique en particulier? « Il y a des extrémistes dans pratiquement tous les pays. Ce qu’Al-Qaida fait avec succès, c’est établir des liens entre eux. En commençant par l’Afrique du nord, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Liban et au-delà, il y a des groupes qui lui sont affiliés... et même certains qui changent leur noms pour devenir Al-Qaida... C’est presque l’équivalent d’une chaîne d’entreprises », explique Michael MacConnell, directeur national des Renseignements américains.

Le directeur national des Renseignements, qui coordonne les activités des différentes agences américaines travaillant dans ce secteur, fait état de progrès dans la coopération entre les groupes relevant de sa compétence. Michael MacConnell souhaite que le Congrès rende permanentes les clauses de la loi sur la surveillance permettant aux autorités d’intercepter les appels téléphoniques et les messages électroniques des suspects de terrorisme aux Etats-Unis et à l’étranger. Mais le sénat les a seulement prorogées pour 6 mois, en attendant de les réexaminer une nouvelle fois quand elles arriveront à expiration.

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