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USA : le général Petraeus recommande un retrait des renforts américains de l’Irak


La situation en Irak a fait l’objet, lundi, d’une déposition au Congrès du général David Petraeus, commandant en chef des forces alliées en Irak, et de l'ambassadeur américain à Bagdad, Ryan Crocker.

Lors cette session conjointe de deux commissions de la Chambre des représentants, le général Petraeus a dressé un bilan du travail accompli par les renforts américains envoyés au début de l’année en Irak. Les troupes ont obtenu en grande partie les résultats escomptés, a-t-il dit en citant à titre de preuve la réduction du nombre des victimes civiles irakiennes. Mais ce chiffre reste élevé, a reconnu le commandant en chef américain en Irak.

Le général Petraeus s’est dit aussi encouragé par le fait que la politique de rejet d’Al Qaida par les leaders tribaux de la province d’Al Anbar s’étend maintenant à d’autres régions. Il a laissé entendre que les effectifs américains en Irak pourraient retourner à leur niveau d’avant renforts d’ici au milieu de l’année prochaine.

« J’ai recommandé un retrait des renforts d’Irak. D’ailleurs, fin septembre, le corps expéditionnaire de la marine qui faisait partie des renforts quittera l’Irak. Si l’on approuve mes recommandations, le départ de cette unité sera suivi de celui d’une brigade début décembre, et ainsi de suite », a expliqué le général Petraeus.

Le commandant en chef des forces alliées en Irak a accusé l’Iran de mener indirectement une guerre contre la nation irakienne et les forces de la coalition. Il a dit que ce pays cherche à créer en Irak une milice chiite semblable au Hezbollah au Liban, et il a réitéré les allégations des Etats-Unis selon lesquelles l’Iran appuie des militants chiites en Irak - une accusation rejetée par Téhéran.

De son côté, l’ambassadeur Crocker a reconnu que les progrès à l’échelle nationale sont plus lents que prévus. Les choses se déroulent mieux au niveau des provinces, a-t-il dit, en ajoutant que la performance de l’économie irakienne était nettement inférieure au potentiel du pays. « Je ne peux pas garantir de succès en Irak. Je pense, comme je l’ai décrit, que c’est faisable. Je suis certain qu’abandonner ou réduire à l’extrême nos efforts mèneront à l’échec. Et les conséquences d’un tel échec doivent être clairement comprises par tous », a déclaré l’ambassadeur Crocker.

La déposition du Général Petraeus et de l'ambassadeur Crocker a lieu dans un contexte de campagne électorale pour les scrutins présidentiel et parlementaire de 2008, alors que le Congrès débat de plus en plus âprement du retrait des troupes américaines d’Irak. A noter qu’en cas de retrait des renforts de 30 000 militaires envoyés en Irak, il ne resterait qu’environ 130 000 GIs dans le pays.

Les deux responsables ont subi le feu croisé de nombreux élus démocrates et républicains. Le député démocrate Ike Skelton, président de la commission des forces armées à la Chambre des Représentants, a accusé la classe politique irakienne de n’avoir même pas encore entamé le processus de réconciliation nationale, l’un des arguments avancés pour justifier l’envoi des renforts en Irak. Par ailleurs, l’audience à la chambre des représentants a été interrompue à plusieurs reprises par des manifestants, qui hurlaient des slogans contre la guerre en Irak. Certains ont du être évacués de force et arrêtés.

Mardi, le général Petraeus et l’ambassadeur Crocker témoigneront devant une commission du Sénat américain.

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