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USA : le ministre de la Justice démissionne


Le ministre américain de la justice, Alberto Gonzalez, a décidé de rendre son tablier. Lors d’une brève déclaration à la presse ce lundi à Washington, M. Gonzalez a dit avoir informé le président Bush dimanche de sa décision de quitter son poste le 17 septembre 2007. Il n’a pas donné les motifs de son départ, ni mentionné les controverses au sujet de sa politique à la tête du ministère, se contentant de remercier le président Bush pour lui avoir fait confiance.

« Travailler pour la chose publique est honorable et noble. Je suis profondément reconnaissant au président Bush pour son amitié et les nombreuses occasions qu’il m’a données de servir le peuple américain, a souligné le ministre démissionnaire », a-t-il dit.

Alberto Gonzales, premier américain d’origine hispanique à diriger le ministère de la Justice, est un ami de longue date du chef de l’exécutif. Leurs relations datent de l’époque où George W. Bush était gouverneur du Texas dans les années 90. Et le président l’a tout d’abord nommé conseil juridique de la Maison Blanche en 2001, puis ministre de la justice en 2005.

Le chef de l’exécutif a défendu monsieur Gonzalez avec vigueur pendant la vive controverse causée par sa décision de révoquer 8 procureurs fédéraux. Et il n’a cessé de réitérer jusqu’à tout récemment sa confiance dans l’intégrité et la compétence de son proche collaborateur. Mais quand Alberto Gonzalez lui a offert sa démission, le président Bush l’a acceptée.

« Avec regret », a souligné monsieur Bush dans une déclaration ce lundi. « C’est triste. Mais nous vivons à une époque où une personne honorable de talent comme Alberto Gonzales se voit empêcher de faire un travail important... parce que sa réputation a été traînée dans la boue pour des raisons politiques », a précisé le chef de l’exécutif.

Le ministre sortant a remis sa démission alors que le Congrès des Etats-Unis intensifie sa campagne pour faire la lumière sur la révocation des huit procureurs fédéraux. L’opposition démocrate et même certains républicains accusent l’administration Bush de les avoir renvoyés principalement pour des motifs politiques. Les partisans du président rétorquent que les procureurs fédéraux servent selon le bon plaisir du chef de l’exécutif et peuvent donc être révoqués sans justification.

Pour l’éminent sénateur démocrate de New York Charles Schumer, la démission d’Alberto Gonzales offre au président Bush la possibilité de nommer un nouveau ministre de la Justice capable d’être un vrai leader.

« Le président doit choisir la personne la plus qualifiée et non pas son meilleur ami, a souligné le sénateur Schumer, membre influent de la commission judiciaire du sénat », qui réclamait avec vigueur le départ M. Gonzales.

En attendant la nomination d’un nouveau ministre de la Justice par le chef de l’exécutif et l’éventuelle confirmation du candidat par le Sénat, le conseiller juridique du ministère, Paul Clement, occupera temporairement le poste laissé vacant par Alberto Gonzales, après le 17 septembre.

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