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Etats-Unis : la déportation des illégaux s’intensifie


Les autorités américaines accélèrent, en ce moment, la déportation des immigrants illégaux, dans le cadre d’un programme intitulé « Opération retour à l’expéditeur. » Certains critiquent le zèle des services de l’Immigration, estimant que les familles d’ immigrants en situation régulière font les frais de cette nouvelle situation.Un exemple: Sandy Doumet fait ses bagages pour le Mexique, afin de rejoindre son mari, qui s’est fait déporter. Elle a émigré aux Etats Unis, il y a onze ans. Sandy Doumet venait de l’Equateur et s’est récemment fait naturaliser américaine.

« Il est difficile pour moi de comprendre pourquoi un pays qui m’a ouvert ses portes me chasse, en ce moment, parce que je dois partir, même si je ne le veux pas, - car si je reste aux Etats Unis, mes enfants vont grandir sans un père, et cela, je ne le veux pas », explique-t-elle. Sandy Doumet et son mari vivent ensemble en Floride depuis huit ans et son mariés depuis six ans. Ils ont trois enfants en bas âge, tous citoyens américains et ils géraient un commerce prospère. Mais le « hic » est que le mari de Sandy est Mexicain. Venu aux Etats Unis illégalement il y a dix ans, il s’est fait déporter trois fois et il lui est interdit d’y revenir. Sandy Doumet implore les autorités de laisser sa famille, au complet, vivre sur le sol américain. « Laissez rentrer mon époux aux Etats Unis ; nous vivions bien dans ce pays. Nous ne demandions rien à l’Etat. Nous étions de bons citoyens », fait valoir Sandy Doumet.

Denise Diaz travaille pour « Jobs with Justice », une ONG qui milite pour les droits des immigrants. Par le passé, dit-elle, les autorités traquaient surtout les « clandestins » qui avaient un casier judiciaire. Maintenant, elles s’en prennent, injustement, à tous les sans papiers. « Ils ne constituent pas une menace pour la société ou pour la sécurité des Américains. Les autorités ont monté d’un cran dans leurs abus et il semble qu’elles violent les droits fondamentaux de ces gens », déclare Denis Diaz.

Face à ces allégations, les services de l’Immigration répondent qu’ils déportent seulement les individus en situation irrégulière, ou sur l’ ordre d’un juge. Mike Jarbeck est à la tête, en Floride du Minuteman Project, un groupe d’activistes, farouchement opposé à l’immigration illégale. « Ce que je veux, c’est que tout étranger en situation illégale soit traqué, identifié et renvoyé dans son pays d’origine », a dit Jarbeck.

D’après les chiffres officiels, 150 000 « clandestins » se sont fait déporter entre octobre 2006 et juin 2007 et environ 90 000 d’entre eux n’avaient jamais eu maille à partir avec la justice.

« En Amérique, notre pays est régi par les lois. Le problème est que si on ne veille pas au respect de la loi, qu’est ce qui nous reste? C’est deux poids, deux mesures. Vous avez tout un groupe de gens qui sont au- dessus de la loi, auxquels elle ne s’applique pas. Or c’est contraire à notre constitution », fait valoir Mike Jarbeck.

Les services de l’Immigration assurent qu’ils ne déportent pas les gens de façon arbitraire, mais agissent sur la base d’informations bien précises sur le dossier des « clandestins. » Mais tout cela n’est pas d’un grand réconfort pour Sandy Doumet. Elle est bien décidée à rester aux côtés de son mari, au Mexique mais elle se propose de revenir régulièrement aux Etats Unis pour permettre à l’un de ses enfants de recevoir des soins médicaux ; celui-ci souffre en effet d’un problème cardiaque. Et Sandy Doumet ne peut pas s’empêcher d’espérer qu’un jour, toute sa famille pourra, à nouveau, vivre en Amérique.

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