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États-Unis : Intensification du bras de fer entre l’administration Bush et le Congrès dans l’affaire des procureurs fédéraux révoqués en 2006


La Commission judiciaire de la Chambre des représentants a approuvé mercredi une résolution qualifiant d’«outrage au Congrès» le refus du secrétaire général de la Maison-Blanche, Joshua Bolten, et de l’ancienne responsable des services juridiques de la présidence, Harriet Myers, de témoigner devant les parlementaires enquêtant sur les révocations. La chambre basse dans son ensemble doit maintenant se prononcer à ce sujet.

La Maison-Blanche invoque les prérogatives constitutionnelles de l’exécutif pour justifier le refus des deux intéressés. Un argument rejeté par le Congrès. La résolution fait suite à l’interrogatoire très musclé du ministre de la justice Alberto Gonzales par la Commission des affaires judiciaires du Sénat lors d’audiences mardi à Washington

Les membres de la commission ont vivement critiqué la gestion par M. Gonzales du renvoi en 2006 des neuf procureurs fédéraux, perçu comme une purge politique par le Congrès. Ils ont émis des doutes sur l’intégrité du ministre de la justice et l’ont accusé de se dérober aux questions.

«Le ministre de la justice a perdu la confiance du Congrès et du peuple américain» a déclaré le président de la commission, Patrick Leahy, sénateur démocrate du Vermont.

Côté républicain, on n’a guère été plus tendre. La controverse sur le renvoi des procureurs jette une ombre sur le ministère de la justice, a dit le sénateur Arlen Specter de Pennsylvanie, le républicain le plus en vue de la commission.

«Il semble que le moral soit bas, très bas, que le ministère de la justice manque de crédibilité. Et franchement, cela concerne votre crédibilité. Ce ministère ne fonctionne pas bien» a fait valoir le sénateur Specter.

En dépit de ces critiques, Alberto Gonzales est resté ferme. Il dément toujours qu’il se soit passé quoi que ce soit d’inconvenant au ministère de la justice, et il refuse mordicus de démissionner. Mardi au Congrès, il a encore défendu le renvoi des procureurs.

«Je n’ai pas accepté les recommandations concernant leur renvoi avec comme sous-entendu que c’était pour les punir ou s’ingérer dans une enquête ou encore pour des motifs partisans», a insisté Alberto Gonzales.

Néanmoins, le républicain Arlen Specter a appelé l’administration Bush à nommer un procureur spécial pour enquêter sur cette affaire.

Jusqu’à présent, l’exécutif refuse toujours de fournir au Congrès des témoins ou des documents non seulement pour l’affaire du renvoi des procureurs fédéraux en 2006, mais aussi pour celle du programme d'écoutes extrajudiciaires créé après les attentats de 2001. C’est le cas du secrétaire général de la Maison-Blanche, Joshua Bolten, et de l'ancienne responsable des services juridiques de la présidence, Harriet Myers, qui se voient maintenant accusés d’«outrage au Congrès» par la commission judiciaire de la chambre des représentants.

Mardi, les sénateurs se sont dits écœurés par le comportement de M. Gonzales. Comment pouvez-vous rester ministre de la justice alors que vous changez constamment votre version des faits, pour éviter d’admettre que vous avez menti à la commission, a dit notamment le sénateur démocrate de New York, Chuck Schumer.

Mais Alberto Gonzales garde la confiance du président Bush, et il reste à la tête de son ministère.


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