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L’administration Bush dit non à la torture


Le président George W. Bush a pris vendredi un décret interdisant les traitements cruels et inhumains, les pratiques humiliantes ou encore le dénigrement des croyances religieuses des prisonniers. Ce décret fait obligation à la CIA, l’agence centrale du renseignement, de respecter pleinement la Convention de Genève interdisant la torture.

Ce décret présidentiel accorde aux « combattants ennemis » c’est à dire les prisonniers capturés par le gouvernement américain dans le cadre de la Guerre contre le terrorisme - le même statut qu’aux prisonniers de guerre couverts par les Conventions de Genève.

Néanmoins, s'il interdit la « torture », le texte autorise le président à « interpréter le sens et l'application » des normes internationales pour le traitement des prisonniers. En d’autres termes, certaines techniques d'interrogatoire seront toujours permises, mais le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, n’a pas précisé lesquelles.

Dimanche, le directeur du renseignement américain, Mike McConnell, a souligné, de son côté, que les Etats-Unis continueraient à interroger des personnes soupçonnées de terrorisme, mais sans les torturer. Interviewé sur la chaîne de télévision américaine NBC, M. McConnell s'est refusé à décrire ces techniques d'interrogatoire, mais il a dit que la menace de la torture est une technique efficace pour recueillir des informations de la part de détenus.

Depuis le début de la guerre contre le terrorisme international en 2001, les Etats-Unis disaient que « combattants ennemis » n’étaient pas couvert par les Conventions de Genève, notamment celle relative au traitement des prisonniers de guerre signée en 1949. Par la suite, les Etats-Unis ont fait l’objet de vives critiques pour avoir fait usage de techniques d’interrogatoire très dures, qualifiées par certains de tortures.

La publication, en 2004, de photos prises par des soldats américains montrant des sévices infligés à des prisonniers du complexe d’Abu Ghraib en Irak avait fait beaucoup de bruit. Le gouvernement américain a toujours démenti les allégations de torture, disant que les forces américaines et les agents des Etats-Unis utilisent des méthodes légales, lorsqu’ils détiennent et interrogent les combattants ennemis illégaux.

Les organisations de défense des droits de la personne humaine ont critiqué le nouveau décret du président Bush affirmant qu'il ne respecte pas pleinement les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre. Notamment, le décret autorise, de fait, les détentions secrètes de la CIA qui sont contraires à l’un des articles de la Convention de Genève interdisant les traitements inhumains, selon un communiqué de l'organisation Human Rights Watch.

Le Comité international de la Croix-Rouge n’a jamais eu accès aux prisonniers détenus par la CIA, ajoute l’ONG de défense des droits fondamentaux. Et comme les techniques d’interrogatoires de la CIA restent secrètes, personne n’est vraiment en mesure de juger si elles sont conformes aux normes internationales. Human Rights Watch s’inquiète plus particulièrement des simulacres de noyade qui pourraient toujours être employés.

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