Liens d'accessibilité

USA : Les réfugiés irakiens aux Etats-Unis


La Journée mondiale des réfugiés a été célébrée mercredi. Selon les statistiques du HCR, l’agence onusienne s’occupant des réfugiés, un million et demi d’irakiens ont fui à l’étranger pour échapper aux violences dans leur pays et près de deux millions et demi d’autres sont des déplacés internes. La plupart des irakiens ayant fui à l’étranger sont en Syrie et en Jordanie.

Pour leur part, les Etats-Unis font de plus en plus l’objet de critiques pour leur réticence à en accueillir. 202 Irakiens seulement ont obtenu le statut de réfugiés aux Etats-Unis en 2006. D’où les protestations de Dawud Walid, directeur exécutif du Conseil des relations américano-islamiques dans l’état du Michigan, qui parle de discrimination contre les Arabes et les musulmans. « A notre avis, c’est dû en partie à la diabolisation des Arabes dans la période qui a suivi les attentats du 11 septembre », estime-t-il.

Toutefois, l’imam Husham Al-Husainy, un immigrant irakien habitant lui aussi le Michigan, souligne que Washington doit être très vigilant pour ne pas permettre l’entrée de partisans de Saddam Hussein ou même de terroristes ici aux Etats-Unis. « Je suis très inquiet au sujet de l’image de marque des Irakiens et de la sécurité des Etats-Unis. Si nous laissons entrer de mauvais éléments, ils terniront l’image des irakiens aux Etats-Unis et ils troubleront la paix dans le pays », affirme l’imam Husham Al-Husainy.

L’un des rares réfugiés irakiens admis aux Etats-Unis est Ahmed Kareem, un journaliste qui travaillait à Baghdad, dans un quotidien soutenu par Washington. Il a fui l’Irak après avoir été pris pour cible en raison de sa collaboration avec les Américains. Sa famille s’est réfugiée en Egypte. Ahmed Kareem essaie maintenant de la faire venir aux Etats-Unis. Lavinia Limon, présidente de l’ONG Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, estime que Washington devrait faire davantage pour aider à résoudre la crise des réfugiés irakiens. « Nous sommes consternés par le fait que le gouvernement américain n’ait pas jugé bon de secourir davantage de gens directement affectés par leur contribution à notre effort de guerre en Irak », souligne Mme Limon.

Washington a annoncé une hausse de 20 millions de dollars de son budget de soutien aux programmes d’aide aux réfugiés. La sous-secrétaire d’Etat Paula Dobriansky a également assuré que le gouvernement américain allait intensifier sa coopération avec le HCR pour accroître le nombre des réfugiés irakiens admis aux Etats-Unis. « Nous sommes en train d’augmenter notre capacité à accueillir les personnes qui nous sont envoyées par le HCR. Et nous élaborons des plans pour accélérer le processus d’admission de près de 7 000 réfugiés irakiens à court terme », précise cette haute responsable du département d’état américain.

Lavinia Limon du Comité américain pour les réfugiés et les immigrants ne cache pas son scepticisme. Elle estime que l’incapacité de Washington à accueillir davantage de réfugiés irakiens n’est pas seulement due à des problèmes bureaucratiques. Pour elle, l’administration Bush souhaite, en fait, que les Irakiens pro-américains continuent à vivre dans leur pays pour soutenir sur place

XS
SM
MD
LG