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France : enquête contre des dirigeants africains sur plainte d’associations françaises


Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire suite à une plainte accusant les présidents Omar Bongo Ondimba du Gabon et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville d’avoir acquis des propriétés en France grâce à des fonds publics détournés dans leurs pays. La plainte avait été déposée par les associations « Sherpa » présidée par l’avocat William Bourdon, « Survie » et la Fédération des Congolais de la diaspora. Elle s’appuie sur un rapport rédigé par le Comité catholique contre la faim et le développement (CCFD). Selon Jean Meckaert, responsable du plaidoyer de cette organisation, les biens mal acquis, les fonds détournés par les chefs d’Etat, notamment des pays en développement, se retrouvent dans les paradis fiscaux ou dans les pays du Nord.

L’ensemble des fonds placés à l’étranger par les dictateurs des pays du Sud au cours des 20 ou 30 dernières années est estimé à entre 100 et 180 milliards de dollars, soit « deux fois le montant de l’aide public au développement chaque année », explique M. Meckaert qui souligne « la complicité des Etats du Nord » dans ces détournements.

« On a le sentiment qu’en France, on s’émouvrait rapidement si on avait Pinochet ou Milosevic qui venait en visite en France; en revanche, lorsqu’il s’agit de dictateurs africains, on a pratiquement l’impression que les hommes politiques et l’opinion publique français se seraient habitués à ce que les dictateurs aient leurs palaces à Paris, qu’ils y viennent régulièrement, qu’ils y reçoivent l’ensemble du gratin politique français », souligne le responsable du plaidoyer du CCFD.

Les associations ayant porté plainte contre « l’origine illicite de cette fortune » attribuent à M. Sassou Nguesso, entre autres, une demeure dans la banlieue parisienne dont la valeur est estimée à 10 millions d’euros, et plusieurs appartements privés à Paris. Le président Omar Bongo Ondimba possèderait, lui, aussi plusieurs appartements à Paris.

La plainte invite la justice à se pencher sur les agissements d’autres chefs d’Etat africain, Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Compaoré du Burkina Faso, a dit M. Meckaert. « C’est la première fois que la justice d’un pays se saisit de l’accusation de recel de détournements de fonds publics envers un chef d’Etat étranger sur simple plainte d’associations de citoyens », a-il fait remarquer.

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