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États-Unis: baisse du tourisme en dépit de la dépréciation du dollar


Les responsables du secteur tourisme dans ce pays tirent le signal d’alarme, face à la chute du nombre de touristes étrangers au cours de ces dernières années. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 à Washington et New York, font-ils valoir, quelque 60 millions de visiteurs auraient boudé les États-Unis. Situation due, en partie, à la perception qu’ils ont des difficultés à s’y rendre.

Certes, selon le département américain du Commerce, le nombre de visiteurs internationaux s’est rétabli en 2006, pour atteindre le même niveau qu’avant les attentats de 2001. Mais c’est grâce à l’essor du tourisme en provenance du Mexique et du Canada, alors que le nombre d’étrangers venant d’autres pays a diminué.

Prenons le cas d’Orlando en Floride, site de Disney World et autres parcs d’attraction. Plus de la moitié des quelque 50 millions de personnes qui se rendent chaque année dans la région sont des Européens, 24 pour cent viennent du Canada et le reste d’Amérique du sud, d’Asie et du Proche-Orient.

Pour Danielle Courtney, responsable du Bureau du centre de congrès et de visiteurs d’Orlando, la baisse du nombre de visiteurs internationaux est très préoccupante. «C’est un secteur très important pour Orlando. Il représente environ cinq pour cent de notre total d’arrivées, mais 17 pour cent de l’impact économique» explique Madame Courtney, en insistant sur le poids économique de ces visiteurs internationaux. D’où l’intérêt porté par les responsables de Floride à la perception qu’ont ces étrangers des États-Unis.

A noter que si la Floride souffre, Las Vegas et ses casinos n’ont pas été affectés, loin de là. Selon les experts, le nombre d’étrangers débarquant dans la métropole du Nevada a augmenté de 12 à 13 pour cent entre 2005 et 2006.

Mais Las Vegas est l’exception à la règle, - fait valoir l’organisation Discover America Partnership, organe de promotion du tourisme aux États-Unis. Son directeur, Geoff Freeman, estime à 20 pour cent la baisse du tourisme étranger, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Une baisse due essentiellement aux difficultés rencontrées à l’arrivée, dit-il. «Rien que cette semaine, nous avons entendu parler de trois heures pour passer la douane à Los Angeles. C’est simplement inacceptable» déclare Geoff Freeman. De surcroît, ajoute-t-il, des sondages réalisés auprès de voyageurs ont montré qu’ils redoutent davantage les responsables du gouvernement américain que la menace terroriste ou la criminalité. C’est ce genre de craintes, de perception qui découragent les étrangers, et c’est là-dessus que nous devons faire porter nos efforts, ajoute le directeur de Discover America Partnership.

Selon Robert Jacksta, le patron de la sécurité frontalière, le gouvernement américain fait de son mieux pour accueillir plus d’un million de personnes qui se présentent à ses frontières quotidiennement. «Notre but est que lorsque les gens arrivent à nos postes frontières, ils se sentent dans un pays accueillant» fait valoir Robert Jacksta. Néanmoins, encore faut-il respecter les impératifs de sécurité nationale et s’assurer que les visiteurs soient en règle, ajoute le responsable.

Le gouvernement américain a mis sur pied plusieurs programmes visant à faciliter le séjour aux États-Unis. Un projet mis en place en 2006 aide les visiteurs internationaux à déterminer quels documents seront nécessaires pour entrer dans le pays et faciliter leur passage à la douane et l’immigration. Un autre programme vise à former des douaniers et moderniser des points de débarquement. Bref, les douanes américaines oeuvrent de concert avec le secteur du tourisme, pour améliorer l’accueil des étrangers, fait valoir M. Jacksta.

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