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USA : Deux nouveaux scandales aux ramifications politiques à Washington


La capitale américaine est en effervescence cette semaine, suite aux derniers développements dans deux scandales. Tout d’abord, l'ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, Lewis Libby, a été condamné hier à 30 mois de réclusion pour avoir menti à la justice dans un scandale politique lié à la guerre en Irak.

Et puis, un parlementaire démocrate américain, le représentant de Louisiane William Jefferson, a été inculpé lundi par le ministère de la justice de corruption, blanchiment d'argent, obstruction de la justice, racket et d'une dizaine d'autres chefs d'inculpation. Commençons d’abord avec l’Affaire Valérie Plame. Le juge Reggie Walton du tribunal fédéral de Washington a infligé une peine de deux ans et demi de prison à Lewis Libby assortie d’une amende de 250.000 dollars et d’une période probatoire de deux ans. Et ce parce que M. Libby, 56 ans, a été reconnu coupable en mars d’obstruction à la justice, faux témoignage et parjure dans l’Affaire Plame.

Rappelons que l’identité de Valérie Plame, un agent secret de la CIA, avait été révélée à la presse après que son époux, l’ancien ambassadeur Joseph Wilson, ait accusé l’administration Bush d’avoir menti en affirmant que Saddam Hussein avait tenté d’acheter de l’uranium au Niger, un argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak en mars 2003. Révéler l’identité d’un espion est un crime fédéral, mais personne n’a été poursuivi pour la fuite, l’enquête ayant montré que l’identité de Mme Plame avait circulé librement entre les responsables de la Maison Blanche et un certain nombre de journalistes avant de devenir publique.

M. Libby a, lui, été poursuivi pour avoir menti sur ses conversations avec des journalistes, et donc entravé l’enquête du ministère de la justice. Le juge Reggie Walton a la réputation d’être un dur. Tout en saluant la contribution de Lewis Libby à la société, il a fait valoir que ses états de services irréprochables aggravaient son cas. Toutefois, il a laissé Lewis Libby en liberté en attendant un probable pourvoi en appel. La Maison-Blanche n’a pas indiqué si George W. Bush accorderait un pardon présidentiel à M. Libby.

Au Congrès, on s’attendait à l’inculpation du député démocrate William Jefferson, même s’il a été réélu l’an dernier par les habitants de la Louisiane. C’est chose faite. L’acte d’accusation couvre 94 pages et fait état de plusieurs affaires de corruption auxquelles M. Jefferson aurait été lié, notamment au Nigéria, Ghana, Bostwana, en Guinée Equatoriale et en République Démocratique du Congo.

Détaillant certains des chefs d’accusation, le procureur, Chuck Rosenberg a fait valoir que M. Jefferson s'est servi de ses bons offices et du Congrès pour s'enrichir et enrichir sa famille, dans une système de fraude, pots-de-vin et corruption s'étalant sur plusieurs années et deux continents. L’enquête a notamment montré que le député avait accepté 100 000 dollars d’un indicateur de la police, dans le cadre d’une opération spéciale des forces de l’ordre. Sur cette somme, 90 000 dollars auraient été récupérés dans le congélateur de la résidence de M. Jefferson ici à Washington.

Les démocrates ayant fait de la dénonciation de la «corruption» des républicains leur cheval de bataille lors de la campagne électorale de 2006, le scandale suscité par l’affaire Jefferson a été considérable. Le député doit comparaitre en justice le 8 juin à Alexandria en Virginie. S’il est reconnu coupable, William Jefferson risque jusqu’à 235 ans de prison.

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