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Darfour: Les corridors humanitaires ne constituent pas une urgence selon Roland Marchal


L’idée de corridors humanitaires pour les populations du Darfour a été bien accueillie à la réunion ministérielle du G-8 en Allemagne ; c’est du moins ce qu’affirme le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, auteur de cette suggestion. Le chef de la diplomatie française propose en effet la mise en place, à partir du Tchad, de corridors sécurisés en vue d’assister les populations sinistrées du Darfour. Les ministres du G-8 réunis à Postdam ont reconnu que c’est une tentative risquée, mais ils auraient accepté ce risque, selon les propos de M. Kouchner, mercredi, lors d’un point de presse.

Les organismes humanitaires sont loin d’être aussi enthousiastes sur ce projet. Elles font valoir que l’opération serait lourde et risquée et qu’il vaudrait mieux privilégier une solution politique ; une opinion que partage Roland Marchal, chercheur au CNRS à Paris et rédacteur en chef de la revue « Politique africaine. » Estimant que la dimension de crise humanitaire « a été très largement contenue » au Darfour, M. Marchal a souligné qu’il y a « d’autres urgences , comme par exemple s’assurer que la multiplicité des médiations sur le Darfour entreprises par les Occidentaux et l’Union africaine « ne se gênent pas les uns les autres et convergent dans une même direction. »

Khartoum a accepté le principe de la phase II de la force hybride ONU-Union africaine il y a deux mois, mais pas un seul des trois mille soldats autorisés par cet accord n’est disponible, explique Roland Marchal, ajoutant par ailleurs que les financements font défaut. A son avis, l’idée de couloirs humanitaires est beaucoup plus destinée aux opinions publiques occidentales, mais elle ne changera rien sur le terrain.

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