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Liban : Situation explosive au Nord


Les forces gouvernementales et des militants islamistes s’affrontent dans un camp de réfugiés palestiniens du Nord du Liban. Des milliers de civils fuient le camp de Nahr-al-Bared pour échapper aux hostilités, dont le bilan se chiffrait, mardi, à plus de 75 morts. Fatah al-Islam, groupe islamiste qui serait lié à al-Qaida, a proclamé une trêve unilatérale mardi; ce qui a permis à certains habitants du camp de Nahr-al-Bared de quitter la zone. Moins d’une heure plus tard, les combats ont repris.

Les agences caritatives se disent préoccupées par le sort des civils bloqués dans le camp dont les rues seraient jonchées de corps. Au plan politique, le leader druze Walid Jumblatt exhorte les politiciens libanais à s’unir pour soutenir l’armée nationale. Les Etats-Unis réaffirment leur soutien au gouvernement démocratiquement élu du Liban, a indiqué pour sa part Tony Snow, porte-parole de la Maison Blanche. Le département d’Etat dit étudier une demande d’aide militaire de la part de Beyrouth.

Pour jeter un éclairage sur la crise en cours au Liban, Idriss Fall a interrogé Bernard Rougier, professeur de sciences politiques à Clermont-Ferrand en France. Il voit la situation actuelle comme la résultante du double phénomène de la présence de l’islam radical dans les camps palestiniens au Liban d’une part, et la présence de combattants syriens, libanais et palestiniens venus d’Irak d’autre part. Il y a, explique-t-il, « des réseaux religieux qui ont investi les camps palestiniens depuis la fin de la guerre depuis la fin de la guerre civile en 1990. »

L’autre aspect d’Anfat al islam est que dans ces mêmes camps vivent des combattants venus d’Irak, installés dans les locaux d’une milice pro-syrienne appelée Fatah Intifada créée en 1983 contre Yasser Arafat. Toujours selon Bernard Rougier, le gouvernement Siniora au pouvoir au Liban est, en ce moment, dans une situation de crise avec le Hezbollah et le gouvernement syrien.

Il y a donc risque au Liban d’une nouvelle guerre civile confessionnelle entre Sunnites et Chiites. Dans une telle guerre, dit-il, le Hezbollah perdra sa nature nationaliste et islamique. La Syrie, poursuit-il, « veut utiliser Fatah al- Islam pour amoindrir les efforts du gouvernement consistant notamment à s’appuyer sur la base religieuse sunnite contre le Hezbollah… »

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