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Le Sénat américain prêt à débattre de la réforme de l’immigration 


Près d'un an après l'échec d'une première tentative de réforme du système d’immigration aux États-Unis, la Maison Blanche et plusieurs sénateurs républicains et démocrates font état d’un accord sur un nouveau projet de loi visant à régulariser le statut des millions de clandestins établis dans le pays. La mesure a immédiatement suscité de vives critiques.

Mais le président George W. Bush, qui préconise une réforme de l'immigration depuis le début de son mandat, s’est félicité de l’accord. «J’ai vraiment hâte de signer une grande loi sur l’immigration aussi rapidement que possible. Aujourd’hui, nous avons fait un pas dans cette direction», a affirmé jeudi le président Bush.

Pour le sénateur démocrate du Massachusetts, Edward Kennedy, la mesure est un bon compromis. «L’accord que nous avons conclu est la meilleure chance que nous avons depuis des années de sécuriser nos frontières et de faire sortir de l’ombre des millions de clandestins», a fait valoir le sénateur Kennedy.

Les principaux points de l’accord portent sur un renforcement de la sécurité aux frontières, et des sanctions contre les employeurs embauchant des clandestins. Egalement prévue: la régularisation du statut de jusqu’à 12 millions de sans-papiers, mais sans aller jusqu’à leur accorder une amnistie.

Ces clandestins devraient pouvoir demander un permis de séjour, mais ils n'obtiendront pas de visa ni ne pourront entamer les démarches de naturalisation tant que le renforcement des contrôles aux frontières et un programme d'identification très sophistiqué des travailleurs n'auront pas été mis en place. Après quoi, les clandestins pourront recevoir un «visa Z» renouvelable autant de fois que nécessaire. Et quand ils auront payé des taxes et amendes d'un total de 5 000 dollars, ils auront la possibilité de demander une carte de séjour permanent. Le processus pourrait prendre une dizaine d’années, et le chef du foyer devra au préalable retourner dans son pays d'origine.

En ce qui concerne les travailleurs temporaires, le projet de loi prévoit qu’ils seront autorisés à passer 6 ans de suite sur le territoire américain, à condition de rentrer chez eux plusieurs mois tous les 2 ans. 400 000 visas seront délivrés chaque année dans le cadre de ce programme. Un système de points est également prévu pour les candidats à l'immigration, un système accordant aux aptitudes professionnelles la priorité sur les liens du sang et la réunification des familles.

Même s’il est le fruit d’un compromis entre les deux partis - républicain et démocrate - le projet de loi a immédiatement suscité une controverse. Les conservateurs y voient une amnistie déguisée, qui récompenserait des comportements illégaux. Les libéraux dénoncent quant à eux le changement d'orientation de la politique d'immigration qui jusqu’à présent avait privilégié le regroupement familial plutôt que les aptitudes professionnelles.

Bref, comme l’a admis le sénateur républicain Arlen Specter, il ne sera pas facile de faire l’unanimité au Congrès. «Quelle que soit la loi que nous rédigerons, elle sera attaquée à la fois par la droite et par la gauche. Ce projet de loi n’a même pas été introduit officiellement, et il suscite déjà des critiques» a souligné le sénateur Specter.

A noter que si le sénat entamera son débat sur la mesure la semaine prochaine, la Chambre des représentants n’examinera son propre projet de réforme qu’à l’automne.

C’est en tout cas la dernière chance pour la Maison-Blanche de faire adopter une réforme de l’immigration avant la fin du second mandat du président Bush, affirment de nombreux observateurs.

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