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Soudan : John Negroponte à Khartoum pour parler du Darfour


Le secrétaire d'Etat adjoint américain John Negroponte arrive ce jeudi au Soudan pour discuter de la crise du Darfour au moment où la communauté internationale intensifie sa pression sur Khartoum. Il exhortera le président soudanais Omar El Béchir à accepter l’envoi de troupes onusiennes au Darfour, indique-t-on au département d’Etat américain.

La situation dans cette région de l’Ouest du Soudan fait actuellement l’objet de discussions, à Khartoum, entre le président sud-africain Thabo Mbeki et les autorités soudanaises. Lundi, un émissaire chinois avait appelé le président Omar El Béchir à faire preuve de plus de souplesse vis-à-vis du plan onusien prévoyant le déploiement d’une force mixte ONU-Union africaine au Darfour.

Le chef de l’Etat soudanais estime de son côté que l’envoi de Casques bleus dans cette région violerait la souveraineté de son pays. Toutefois, il a accepté, en novembre, le principe du déploiement de la force mixe. Entre-temps, les rapports continuent de se détériorer entre le Tchad et le Soudan qui s’accusent mutuellement de soutenir des groupes rebelles hostiles à leurs régimes respectifs.

Le Tchad a reconnu mardi que ses forces ont effectué une incursion lundi au Soudan. D’après le porte-parole du gouvernement tchadien, Hourmadji Moussa Doumngor, les forces tchadiennes s’étaient lancées à la poursuite des rebelles de la Concorde nationale tchadienne qui les avaient attaquées à Amdjérima dans l’Est du Tchad. Elles sont entrées en contact avec des forces soudanaises déployées pour protéger le repli des rebelles, a affirmé le ministre tchadien. L’armée soudanaise dit avoir perdu 17 soldats dans cet accrochage et affirme avoir contraint les Tchadiens à repasser la frontière.

Dans un entretien avec Lamia Gritli, le Dr Saddek El Magli, haut responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères, a assuré que son pays a toujours privilégié les relations de bon voisinage avec le Tchad et la résolution pacifique des conflits. Il a accusé les autorités tchadiennes de ne pas faire de même et de soutenir « massivement la rébellion soudanaise, même à l’intérieur de leur territoire. » Le responsable soudanais a rejeté les accusations tchadiennes selon lesquelles le Soudan soutient les rebelles tchadiens, notamment ceux de la Concorde nationale tchadienne. Il a, en revanche, accusé les dirigeants tchadiens de chercher « des excuses pour camoufler la pression dont ils sont l’objet de la part de leur propre rébellion à l’intérieur du territoire tchadien. »

Selon le Dr El Magli, le Soudan a toujours accepté le principe du déploiement d’une force mixte le long de la frontière commune, mais ce sont les Tchadiens qui refusent de coopérer. Le responsable soudanais a indiqué que les discussions lundi, A Addis Abeba, ont permis de s’entendre sur la mise en œuvre de la deuxième phase du plan onusien prévoyant le déploiement au Darfour de quelque 2500 soldats équipés de matériel lourd et de moyens aériens en appui à la Force africaine.

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