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Condition féminine 2007 : Les femmes en quête de pouvoir


Des efforts sont déployés à travers le monde pour faciliter l’accès des femmes aux plus hautes fonctions nationales. C’est déjà fait dans des pays comme au Libéria où la présidente Ellen Johnson-Sirleaf tient les rênes du pouvoir. A la conférence de Madrid intitulée « Femmes pour un monde meilleur », Mme Johnson-Sirleaf a souligné, jeudi,

la nécessité de solutions pratiques pour permettre aux femmes d’accéder aux plus hauts postes de responsabilité. Pour parvenir à cet objectif dans le domaine économique, le président algérien Abdelaziz Boutéflika exhorte, de son côté, les femmes à investir en force le monde des entreprises en utilisant notamment le micro-crédit. Au Au niveau de la défense nationale, les experts en Amérique Latine encouragent les habitantes de la région à suivre l’exemple de leurs consoeurs qui se sont déjà distinguées dans ce domaine.Lorena Escudero, une des cinq ministres de la Défense du continent latino-américain, a été nommée par le président équatorien Rafael Correa. Ancienne enseignante, elle qualifie sa nomination de pas en avant pour les femmes dans la région. « Le statut des femmes en Amérique Latine est différent aujourd’hui. Ces dernières années, nous

avons occupé des postes qu’auparavant, nous n’aurions jamais pu imaginer obtenir », explique-t-elle. Pourtant, Mme Escudero ne se considère pas comme une pionnière des droits de la femme, mais tout simplement comme une femme normale, ayant de grands espoirs non seulement pour elle-même, mais pour son pays. Lorsqu’on lui demande si les militaires placés sous son commandement font parfois preuve d’impatience, elle répond non. « Les commandants militaires m’ont traité avec un total respect. Je n’ai perçu aucune résistance. Au contraire, les officiers sont coopératifs et anxieux de travailler en équipe pour le bien du pays », déclare la ministre équatorienne de la défense.

Ces nominations de femmes aux plus hauts postes de responsabilité publique sont également saluées par des Latino-Américains installés à l’étranger. « Nous les femmes, nous sommes moins corrompues, parce que nous donnons l’exemple à la maison, à nos enfants, à nos familles. Lorsque nous accédons à des postes de haute responsabilité, nous amenons ces valeurs », explique Rosa Kasse, dominicaine de naissance, dirigeante de la Coalition des hispaniques de Miami en Floride.

De l’avis de certains observateurs, la nomination de femmes à la tête des forces armées à travers un continent où des gouvernements militaires ont, dans le temps, commis des violations flagrantes des droits de la personne humaine, est une tentative pour panser les blessures et promouvoir la réconciliation. D’autres experts attribuent ces promotions de femmes à la consolidation de la démocratie.

Un plus grand nombre de civils sont de mieux en mieux formés et peuvent maintenant assumer des responsabilités à la tête des forces armées. Ils sont issus de secteurs moins traditionnels - sécurité ou affaires internationales - et ce sont des femmes qui émergent, estime Christopher Sabatini, directeur politique du Conseil des Amériques à New York. « Cela va avoir un vaste impact sur les femmes au sein d’une culture machiste. Un impact sur ce qu’elles peuvent faire, ce qu’elles peuvent accomplir, et sur leur rôle sur la scène politique », dit M. Sabatini.

Les femmes « doivent se battre, elles ne doivent pas renoncer, elles doivent atteindre leurs buts. Les opportunités dans le monde sont infinies, et les femmes devraient en profiter », a lancé, de son côté, la ministre Lorena Escudero d’Equateur.

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