Liens d'accessibilité

Le Ghana célèbre 50 ans d’indépendance


Il y a cinquante ans, Kwame Nkrumah proclamait l’indépendance du Ghana, donnant le coup d’envoi de la vague d’indépendance qui allait déferler sur l’Afrique subsaharienne. Mardi, des milliers de Ghanéens ont pris part, à Accra, à la cérémonie marquant le cinquantième anniversaire cette indépendance. « Ce n’est pas seulement l’anniversaire du Ghana, mais celui de toute l’Afrique », a déclaré à cette occasion le président ghanéen, John Kufuor, président en exercice de l’Union africaine. Des invités venus du monde entier ont pris part à ces célébrations. Le président ghanéen, qui a allumé une flamme éternelle symbolisant l’indépendance, a appelé les jeunes Africains à rester sur place pour aider au développement du continent ; une allusion aux milliers de jeunes Africains qui, chaque année, se lancent dans une périlleuse traversée vers l’Europe.

Parmi les leaders africains présents, le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, qui s’est adressé à la foule. Le Duke de Kent a représenté la Grande-Bretagne tandis que du côté américain, on notait la présence du pasteur africain-américain Jesse Jackson et du musicien Stevie Wonder entre autres.

« Mon dernier appel est que vous vous teniez fermement derrière nous afin que nous puissions montrer que lorsque l’Africain en a l’opportunité, il peut prouver au monde qu’il est quelqu’un. Nous en avons assez d’attendre. Pas question de retourner en prison. Aujourd’hui, un nouvel Africain est venu au monde, et ce nouvel Africain est prêt à livrer ses propres combats, et démontrer qu’après tout, l’Africain est tout à fait capable de gérer ses propres affaires », avait déclaré le président Nkrumah le 6 mars 1957, en ajoutant: « Nous voulons contribuer à l’avènement des Etats véritablement Unis d’Afrique. »

Dans un entretien avec Timothée Donangmaye, Mamadou Diouf, professeur d’histoire, d’études africaines et africaines-américaines à l’université du Michigan, à Ann Arbor, a expliqué que « Nkrumah faisait partie, en fait, de cette première génération d’Africains qui ont eu la possibilité de rencontrer (…) la grande réflexion que les Africains-Américains avaient commencé à développer entre la fin de la Première Guerre mondiale et les années 50. »

Durant ses études aux Etats-Unis, le premier président ghanéen est entré en contact avec les idées panafricanismes, en particulier avec Dubois, et fera également connaissance, en Grande-Bretagne d’autres Africains, d’Afro-Caribéens mais aussi d’Indiens qui ont joué un rôle clé dans la dissémination des idées nationalistes, précise M. Diouf.

Pour le professeur Mamadou Diouf, le panafricanisme vient de l’idée que les Noirs « avaient un destin commun, une expérience historique commune et la possibilité d’organiser, de mettre en place un système qui dépassait les Etats et les nations, qui devait être au service de la réhabilitation et du développement des Noirs. » Si la Guerre froide a été une des pesanteurs auxquelles a été confronté le panafricanisme à l’origine, aujourd’hui, ce sont les nationalismes territoriaux qui entravent la marche vers la réalisation du rêve de Nkrumah, a fait remarquer le professeur Diouf.

XS
SM
MD
LG