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USA : Les syndicats en perte de vitesse


Le nombre de travailleurs syndiqués en Amérique baisse constamment depuis des dizaines d’années. Il y a 50 ans, près de 35% de la main-d’œuvre américaine était syndiquée. L’an dernier, 12% seulement des travailleurs de ce pays étaient membres d’un syndicat. Qu’est ce qui peut expliquer cette tendance?

James Sherk, économiste à la Heritage Foundation - un centre d’étude conservateur - fait observer qu’avec la mondialisation de l’économie, il y a moins d’emplois dans le secteur manufacturier, secteur où les syndicats sont fortement implantés. Maintenant, explique-t-il, il y a de plus en plus d’emplois dans le secteur des services, où il est beaucoup plus difficile, pour les syndicats, de s’implanter. Les syndicats, dit Sherk, n’ont pas réussi à s’adapter et ils continuent à chercher à obtenir, pour leurs adhérents, des avantages qui ne sont plus réalistes.

Peter Bakvis, lui , est directeur à Washington, de la Confédération internationale des syndicats. Certes, dit-il, les syndicats ont appris des leçons importantes, mais l’économie internationale demeure favorable aux entreprises. Les entreprises sont actuellement le moteur d’une mondialisation pratiquement sans lois, ce qui porte atteinte aux droits des travailleurs, souligne-t-il. Et l’on voit des cas dans lesquels des entreprises menacent de fermer leurs usines et d’aller s’installer dans des pays qui ne respectent pas les normes les plus élémentaires du monde du travail. Beaucoup vont en Chine, et cela n’affecte pas seulement les travailleurs aux Etats Unis ou dans d’autres pays riches, mais aussi dans de nombreux pays en développement, selon Peter Bakvis, directeur de la Confédération internationale des syndicats.

Dans ces conditions, que faire ? Certains conseillent aux syndicats d’avoir une influence internationale, mais ce ne sera pas une tâche aisée. « Nous faisons davantage à l’échelle internationale », fait observer Peter Bakvis, ajoutant : « Je peux vous citer 47 sociétés multinationales ayant signé des accords cadre qui fixent des normes de base pour les conditions de travail de leurs employés, dans le monde entier. »Il s’agit pour la plupart d’entreprises non américaines mais il y a aussi de firmes américaines. De l’avis des analystes, en collaborant entre eux, les syndicats seront mieux à même de promouvoir les droits des travailleurs et leur protection, et de faire en sorte que ces droits soient prévus dans les accords de commerce internationaux.

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