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L’affaire Valérie Plame: Le jury devrait bientôt entamer ses délibérations


Les avocats de Lewis « Scooter » Libby, ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, ont conclu leur plaidoyer en annonçant que ni leur client, ni M. Cheney, ne serait appelé à la barre. Selon les historiens, cela aurait été la première fois qu'un vice-président en exercice aurait été appelé comme témoin dans une affaire criminelle.

M. Libby, 56 ans, est accusé d'avoir menti au FBI et d'avoir fait obstruction à l'enquête d'un « grand jury » sur la révélation de l'identité d'un agent de la CIA, Valerie Plame, dont l'époux, l'ancien ambassadeur Joseph Wilson, avait publiquement critiqué la politique de l'administration américaine en Irak. À la demande de la CIA, Wilson s'était rendu au Niger en 2002 et avait déterminé que Saddam Hussein n’avait pas tenté, comme le pensait l’administration Bush, d'acheter de l'uranium.

Malgré les mises en garde de la CIA, Bush affirma quand même le contraire dans son discours sur l'état de l'Union de janvier 2003. En juillet 2003, l’ambassadeur Wilson signait un éditorial dans le New York Times dans lequel il demandait: «L'administration Bush a-t-elle manipulé les informations de la CIA sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein afin de justifier l'invasion de l'Irak?». Peu après la publication de ce texte, l'identité de son épouse, Valérie Plame, était révélée par l’éditorialiste Robert Novak.

On ne reproche pas à M. Libby d’être à l’origine de cette divulgation, mais plutôt d’avoir menti au FBI, la police fédérale, en niant avoir appris de divers fonctionnaires les fonctions secrètes de Madame Plame et d’en avoir discuté avec des journalistes. « On est bien loin de l’origine du scandale, la publication du nom d’un agent secret, qui était l’épouse d’un ‘whistleblower’, un ‘sonneur d’alarme’ au sein de l’administration », explique Jonathan Turley, professeur de droit à l’université George Washington de la capitale américaine.

En effet, toute infraction à la loi protégeant l'identité de certains fonctionnaires des services américains de renseignements est passible de jusqu’à 25 ans de réclusion, mais cette loi a été rarement appliquée. C’est souvent le cas à Washington où la justice s’intéresse davantage à savoir qui a cherché à dissimuler une affaire, plutôt qu’à déterminer si un crime a été vraiment commis, souligne Turley.

S’il est reconnu coupable, M. Libby risque jusqu’à 30 ans de réclusion ou une amende de plus d’un million de dollars. On sait maintenant que c’est Richard Armitage, ancien secrétaire d'Etat adjoint, au sein de l’administration Bush, qui a, le premier, révélé l’identité de Madame Plame dans un entretien avec l'éditorialiste Robert Novak. Il ne sera pas poursuivi.

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