Liens d'accessibilité

Sommet Afrique-France: Un bilan mitigé


Le sommet Afrique-France s’est achevé vendredi à Cannes. Le président français Jacques Chirac et ses homologues africains se sont penchés sur un certain nombre de crises africaines. La situation au Darfour a fait l’objet d’une réunion entre les présidents Omar el-Béchir du Soudan, Idriss Déby Itno du Tchad et François Bozizé de Centrafrique, sous l’égide de leur homologue ghanéen John Kufuor, président en exercice de l’Union africaine.

Les trois dirigeants ont signé une déclaration commune par laquelle ils s’engagent à ne pas appuyer des groupes hostiles à leurs régimes respectifs. Cet accord « ne dit rien sur le fond » et « n’offre aucune perspective de solution », estime Roland Marchal, chercheur au CNRS et rédacteur en chef de la revue « Politique africaine ». Un engagement similaire avait été pris en Libye l’année dernière, par les trois pays en question, sans réel changement, a rappelé M. Marchal dans une interview accordée à Lamia Gritli.

Concernant la situation en Guinée, les participants au sommet de Cannes ont appelé les dirigeants guinéens à protéger la populations civile et à engager un processus politique pour sortir le pays de la crise. Au plan économique, ils ont lancé un appel à la suppression des subventions sur le coton dans les pays riches. 18 pays africains ont adhéré, à Cannes, au mécanisme Unitaid contre le sida. Financée par un prélèvement sur les billets d’avion, celle-ci vise à fournir aux pays concernés des médicaments à bas coûts.

Dans un entretien avec Timothée Donangmaye, Jérôme Bonafond, porte-parole de la présidence française, a rejeté les accusations selon lesquelles le sommet Afrique-France perpétue la « Françafrique » - qui serait un réseau de rapports personnels entre dirigeants français et africains, sans aucun bénifice pour les Africains. Les chefs d’Etat d’Afrique savent que « meilleur avocat de ce continent dans les enceintes internationales, à l’ONU, au FMI, à la Banque mondiale, c’est bien la France », soutient M. Bonafond.

Rappelant que la France a doublé, ces dernières années, son aide à l’Afrique, le porte-parole de l’Elysée a expliqué qu’une part croissante de cette aide va directement aux populations à travers les ONGs. Jérôme Bonafond a rejeté l’idée que la France serait indifférente à la situation des droits de l’Homme en Afrique. « La préoccupation humaniste » est au cœur de la démarche française, a assuré le porte-parole de l’Elysée.

XS
SM
MD
LG