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Guinée: le gouvernement tente de relancer le dialogue


Les autorités guinéennes et les syndicats ont pris part à une réunion jeudi à Conakry, à l’instigation du président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé. L’objectif était de relancer le dialogue rompu depuis l’instauration de l’état de siège le 12 février 2007. Des représentants du patronat guinéen, des chefs religieux et de l’armée ont pris par à cette rencontre.

Les discussions ont porté sur l’état de siège, la désignation du Premier ministre et la violence dans le pays, a expliqué Mme Rabiatou Sérah Diallo, leader de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG). Ce qui préoccupe les Guinéens aujourd’hui, ce sont les violences, la destruction des édifices, des maisons et le pillage des magasins, a-t-elle expliqué. Mme Diallo a souligné que 70% des Guinéens sont analphabètes, si bien qu’ils ont du mal à comprendre la signification de l’état de siège. Vendredi étant jour de prières pour les musulmans, les discussions reprendront samedi, a-t-elle indiqué.

Du fait du couvre-feu, les Guinéens ne peuvent sortir de chez eux qu’entre 12h et 18h. « C’est un véritable calvaire parce qu’on n’arrive pas à se voir, on arrive pas à faire des courses, et même si vous êtes malades, vous avez peur de sortir dans la rue à cause des militaires qui sont dans les rues et qui tirent n’importe comment », explique Moussa Amadou Diallo, un père de famille de la banlieue de Conakry.

Selon Sékou Ben Sylla, président des organisations de la société civile guinéennes, « les pillages, le brigandage, les meurtres délibérés sont maintenant monnaie courante ici ». La société civile souhaite que le dialogue prime, mais à condition que l’état de siège soit levé, et que le Premier ministre Eugène Camara et son gouvernement démissionnent, a-t-il dit. Les violences en Guinée ont fait plus d’une centaine de morts depuis le début, en janvier, de la grève générale.

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