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La Guinée sous l’état de siège


En Guinée, le président Lansana Conté a décrété l’état de siège, imposant ainsi une restriction sur les mouvements des personnes à Conakry, la capitale, et dans les autres localités du pays. « Toutes les compétences civiles et militaires sont confiées à l’armée », explique Maseco Condé, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Diplomate. Selon M. Condé, cette mesure interdit effectivement toute manifestation dans le pays.

Toutefois, il sera difficile de la faire respecter dans la mesure où divers quartiers de Conakry ont été pris en main par des jeunes, a-t-il expliqué, ajoutant que la même chose s’observe dans le reste du pays. Au moins 3 personnes ont été tuées lundi avec la reprise de la grève générale lancée par les syndicats qui exigent désormais le départ du président Lansana Conté.

A Conakry, il y a eu des coups de feu et des accrochages entre des jeunes armés de matraques et les forces de sécurité. Des tirs ont été entendus aussi au camp Alpha Yaya où se trouve l’unité d’élite de l’armée. Selon Abdoulaye Condé, directeur de publication de La Nouvelle Tribune à Conakry, les interprétations diffèrent. Pour certains, il s’agirait d’un acte de soldats mécontents de n’avoir été promus, pour d’autres, des soldats sensibles à la cause des grévistes auraient tenté de prendre contrôle de la « petite » poudrière de Conakry, a expliqué Abdoulaye Condé.

Au moins 17 personnes ont été tuées samedi, au cours des manifestations provoquées par la nomination au poste de Premier ministre d’Eugène Camara, un proche du président Lansana Conté. Les syndicats exigeaient un Premier ministre indépendant, qui soit un véritable chef de gouvernement. Au moins 59 personnes ont perdu la vie dans de violents incidents en Guinée depuis le début de la grève générale.

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