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Etats-Unis: Le trafic d'êtres humains au centre d’une conférence à Washington


Une conférence sur le trafic des êtres humains s’est tenue jeudi dans la capitale des Etats-Unis. Parmi les participants à cette réunion d’un jour: des représentants du gouvernement américain, des militants d’organisations de défense des droits humains et des experts. Les discussions ont notamment porté sur le travail forcé, en particulier les restrictions imposées aux femmes employées comme domestiques. Les victimes de ces abus se comptent par millions.

Les participants à la conférence se sont penchés en particulier sur le sort des femmes asiatiques, originaires de pays pauvres comme l’Indonésie, le Laos et la Birmanie, qui vont travailler dans les nations riches. Human Rights Watch, l’organisation de défense des droits fondamentaux basée à New-York, a participé la conférence de Washington. Sa représentante, Nisha Varia, aide les femmes victimes du travail forcé. Madame Varia a parlé du stress manifesté par ces victimes quand elles osent finalement réclamer l’assistance des associations humanitaires.

« Certaines d’entre elles sont très nerveuses. Il y avait même une femme qui ne cessait d’aller aux toilettes pour vomir, tant elle était nerveuse. Nous leur donnons des numéros de téléphone de centres d’aide d’urgence, les numéros de groupes à but non lucratif qui aident les travailleurs migrants victimes d’abus. Et elle était nerveuse même en prenant le petit bout de papier avec le numéro de téléphone », a souligné Nisha Varia.

Selon la représentante de Human Rights Watch, beaucoup de femmes employées comme domestiques sont sans recours parce que leurs employeurs menacent de les faire déporter si elles se plaignent de leurs conditions de vie, notamment les longues heures de travail. Un grand nombre d’entre elles sont également victimes d’abus sexuels ou physiques. Et ce qu’il leur faut en priorité, c’est de la protection, a affirmé Nisha Varia.

Les participants à la conférence ont convenu que le travail forcé existe pratiquement partout, y compris ici aux Etats-Unis, en dépit des initiatives de l’administration Bush pour combattre ce fléau. John Fitzpatrick, un haut responsable du département américain du travail présent à la conférence, a décrit les efforts conjoints de son ministère et de l’ICE, l’agence supervisant les douanes et les services d’immigration, pour barrer la route aux trafiquants et aux exploiteurs d’êtres humains.

« Nous travaillons à la fois avec l’ICE et le bureau fédéral des investigations, la police fédérale. Nous avons organisé des sessions conjointes de formation avec leurs agents et les nôtres pour essayer d’identifier les industries où il y a forte proportion des ces délits. C’est un effort à multiples facettes, en cours depuis longtemps. Cependant, nous avons encore beaucoup de chemin à faire », a souligné John Fitzpatrick, le haut responsable du ministère américain du travail.

Parmi les recommandations faites à la conférence de Washington: l’amélioration des lois régulant la protection des travailleurs et la création d’emplois dans les pays d’origine des personnes migrantes. L’Onu avait adopté en l’an 2000, rappelons-le, un traité contre le crime organisé comprenant entre autres une clause ciblant le trafic des êtres humains, en particulier celui des femmes et des enfants.

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