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Etats-Unis: Controverse au sujet réchauffement climatique


Des pressions politiques sont exercées sur des scientifiques d'organismes publics américains afin que ceux-ci minimisent la menace du réchauffement climatique, ont fait savoir deux organisations non gouvernementales, mercredi, au Congrès américain. Des représentants des deux ONG, l'Union des scientifiques préoccupés (UCS) et le Programme de responsabilité du gouvernement (GAP), ont présenté leurs conclusions devant une commission de la Chambre des représentants.

Les deux groupes ont répertorié 435 cas d’ingérence au cours des cinq dernières années. « L’ingérence politique fait du tort au secteur scientifique fédéral et menace la santé et la sécurité des Américains », a déclaré Francesca Griffo, directrice du programme d’intégrité scientifique à l'Union des scientifiques préoccupés. Mme Griffo a précisé que près de 700 chercheurs, soit 39% des personnes interrogées par son organisation, ont avoué qu’ils redoutent de s’exprimer librement par crainte de représailles.

Le président George Bush évite d’utiliser le terme « réchauffement de la planète », comme cela a été le cas durant son discours sur l’état de l’Union. Il préfère parler de changements dans le climat mondial, tout en reconnaissant que ces changements créent des problèmes.

Des documents publiés en 2005 ont révélé qu’un responsable du secteur pétrolier, ainsi que le directeur exécutif du Conseil de la Maison Blanche pour la qualité de l’environnement, Philip Cooney, avaient apporté des modifications substantielles à des rapports déjà approuvés par des scientifiques nommés par le gouvernement américain, et décrivant les recherches sur le changement climatique; l’objectif étant de semer le doute dans les esprits au sujet de faits peu contestés par les scientifiques.

A l’époque, Rick Piltz, ancien responsable de la coordination gouvernementale sur le changement climatique, s’était plaint de la manipulation des rapports scientifiques par la Maison Blanche, soulignant que l’administration Bush sapait les efforts visant à établir les causes du changement climatique. Les démocrates, qui viennent d’obtenir la majorité au parlement, ont immédiatement accordé la plus haute priorité à la question du réchauffement climatique. Les audiences de mardi, au Congrès, vont certainement appuyer les plans des démocrates, mais certains parlementaires républicains protestent.

« Vous envoyez un questionnaire par courriel à 1 600 personnes, dont 19% répondent, et vous en tirez toute une série d’hypothèses que vous présentez ici, et vous dites alors que c’est ce que toute la communauté scientifique affirme », a répliqué, incrédule, le député Darrel Issa, un républicain de Californie. Il faut noter qu’en plus du sondage auprès des scientifiques, les parlementaires américains ont reçu un rapport de 92 pages reposant sur quelques 2 000 documents de ministères tels que l’agence spatiale américaine NASA ou l'Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA).

Ces documents soulignent notamment que le gouvernement américain ne pourra pas protéger pleinement les Américains des dangers posés par le réchauffement climatique tant que l’ingérence politique n’aura pas pris fin. Le Congrès est donc invité à renforcer les lois protégeant les « whistleblower », les personnes dénonçant les abus dans la fonction publique, pour mieux défendre les scientifiques travaillant pour le gouvernement. Ces derniers, ajoute le rapport, devraient pouvoir mener leurs activités sans ingérence.

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