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USA: Les adversaires de la guerre en Irak montent au créneau


Diverses organisations locales ont tenu, au cours du week-end, à Washington, leur première grande manifestation contre le conflit irakien, près de quatre ans après le début des hostilités. Des dizaines de milliers de protestataires ont participé à ce grand rassemblement samedi. La campagne anti-guerre a continué lundi avec des visites de centaines de membres du mouvement à des parlementaires au Congrès américain pour essayer de les convaincre de mettre fin à l’intervention militaire américaine en Irak.

Amber Cilley, une mère de famille de l’Etat du Massachusetts, a manifesté samedi à Washington. « J’ai deux fils et j’ai perdu mon oncle dans la guerre du Vietnam. Et le fait que nous continuions à agir de la même façon et à refaire les mêmes erreurs me rend malade. Nos jeunes gars en Irak doivent rentrer à la maison », a déclaré Mme Cilley.

De l’avis d’un grand nombre d’analystes, le mouvement anti-guerre a mis près de quatre ans à se développer parce que beaucoup d’Américains craignaient de se faire taxer de « défaitisme et d’encouragement à l’ennemi» à cause de leur opposition au conflit. Cependant, les sondages montrant que la majorité du public est contre la guerre en Irak et la récente résolution déposée par la majorité démocrate au Sénat contre l’augmentation des effectifs américains à Baghdad encouragent les membres du mouvement à se manifester au grand jour.

« Ce n’est pas le peuple américain ou le Congrès américain qui encourage l’ennemi. C’est plutôt la mauvaise politique du président, à savoir partir en guerre sans stratégie, prématurément, sans suffisamment de troupes ni de matériel, et envoyer sans aucun plan 17 500 soldats dans une ville de 6 millions et demi d’habitants », a fait savoir dimanche le sénateur démocrate Joseph Biden, président de la commission sénatoriale des affaires étrangères.

Son collègue républicain Mitchell McConnell, sénateur du Kentucky, soutient la décision du président Bush d’augmenter les effectifs américains en Irak pour essayer de gagner une fois pour toute la guerre. « C’est la dernière chance des Irakiens d’augmenter le rythme et d’apporter leur contribution. Cet effort pour rétablir le calme à Bagdad est absolument essentiel. Si vous n’avez pas une capitale relativement calme, il n’y aucune chance de faire fonctionner correctement le gouvernement », a indiqué le leader de la minorité républicaine au Sénat américain.

Côté Maison Blanche, le président George Bush souligne son intention de continuer la lutte quelles que soient les manifestations anti-guerre aux Etats-Unis et les votes au Congrès sur le conflit, convaincu de la justesse de sa position, et aussi du fait qu’il lui incombe, en tant que commandant en chef des forces armées américaines, de prendre certaines décisions en temps de guerre.

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