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Burkina Faso : Huit ans après la mort de Norbert Zongo


Cela fait huit ans que le directeur de l’hebdomadaire burkinabé l’Indépendant, Norbert Zongo, a été sauvagement assassiné le 13 décembre 1998, dans son pays. Cet anniversaire a donné lieu, au Burkina Faso, à un mot d’ordre de mobilisation du Collectif des organisations de masse, des partis politiques et de la société civile.

Tolé Sagnon, vice-président de cette coalition de lutte contre l’impunité, a annoncé une grande marche pour protester contre le non-lieu accordé à Marcel Kafando, inculpé du meurtre de Zongo. Dénonçant une « intention d’enterrer le dossier », M. Sagnon a assuré, dans un entretien avec Samuel Kiendrébéogo, que la lutte se poursuivra pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Les « Femmes en noir » ont passé la nuit au cimetière où reposent Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune. Dans un entretien avec Samuel Kiendrébéogo, la secrétaire du groupe, Georgette Zongo Rouamba, par ailleurs sœur aînée de Norbert Zongo, fustige la justice burkinabé qui, dit-elle, est aux ordres des dirigeants. Mme Rouamba accuse le président burkinabé Blaise Compaoré de protéger son jeune frère Blaise, qui avait été entendu par un juge dans le cadre de l’affaire Zongo.

« Toute décision de justice appelle toujours des récriminations ou des satisfactions », a fait remarquer le ministre burkinabé de la Justice, Boureima Badini, ajoutant que d’autre cas de non-lieu au Burkina Faso n’ont pas donné lieu au tollé provoqué par l’affaire Zongo.

« Il faut renforcer notre système judiciaire », concède la ministre burkinabé des Droits de l’Homme. Mme Monique Ilboudou est d’avis qu’il faut intensifier la formation d’un personnel judiciaire qualifié. Cependant, la ministre burkinabé met en garde contre le fait de se concentrer sur les seuls dossiers médiatisés alors que beaucoup d’autres infractions passent au travers des mailles de la justice faute, dit-elle, de ressources pour les constater et les juger.

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