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Etats-Unis: Le rapport Baker-Hamilton sur l’Irak rendu public


Le groupe indépendant d’études sur l’Irak a finalement publié mercredi, à Washington, son rapport très attendu sur le conflit irakien. Le document appelle à une intensification des efforts diplomatiques de paix dans la région et au retrait de la plupart des troupes américaines d’Irak d’ici le début de 2008. La politique du président Bush en Irak ne donne pas de bons résultats et il faut changer de stratégie, souligne le rapport dont les 2 principaux auteurs sont l’ex-secrétaire d’Etat James Baker et l’ex-député démocrate Lee Hamilton.

« La situation en Irak est grave et se détériore. Les violences s’intensifient et sont de plus en plus meurtrières » a déclaré M. Hamilton qui a évoqué les 3 principales recommandations du document : modification de la mission des troupes américaines en Irak pour mettre l’accent sur la formation de l’armée et de la police irakiennes, fixation d’objectifs précis pour le gouvernement irakien, notamment dans le domaine de la réconciliation nationale, et intensification des efforts de paix en Irak et dans la région.

Toutefois, ces recommandations n’offrent pas de garantie de succès, a averti, pour sa part, l’ex-secrétaire d’Etat James Baker. « Il n’y a pas de formule magique capable de résoudre le problème de l’Irak », a souligné l’ex-chef de la diplomatie du président Bush père. Auparavant messieurs Baker et Hamilton avaient présenté le document au président George W. Bush à la Maison Blanche. Ce dernier a promis de l’étudier avec soin et a exprimé l’espoir que l’on parviendra à un consensus au sujet du rapport dans les milieux politiques à Washington. « Ce rapport nous offrira la possibilité de trouver des points communs dans l’intérêt de notre pays. Pas seulement pour le bien du parti républicain ou du parti démocrate », a souligné le chef de l’exécutif américain.

L’une des recommandations les plus difficiles est celle de convaincre les pays voisins de l’Irak de s’impliquer dans la recherche d’une solution à la crise irakienne, estime Gordon Adams, expert en politique internationale au Centre Woodrow Wilson de Washington. Dans une interview accordée à Camille Grosdidier, le professeur Adams a expliqué que, pour l’heure, le président Bush n’est pas prêt à ouvrir des négociations avec la Syrie ou l’Iran. Par ailleurs, a-t-il ajouté, on ignore ce qui sortirait de telles négociations, surtout en ce qui concerne l’Iran.

Le professeur Adams juge « très intéressante » la suggestion du groupe de travail sur l’Irak selon laquelle les Etats-Unis ne peuvent pas atteindre leur but au Proche-Orient s’ils n’aident pas à résoudre le conflit israélo-palestinien. « Le soutien arabe exprimé aux sunnites, surtout en Irak, est basé sur le fait que beaucoup de gens dans le monde arabe, dans le monde musulman, trouvent que la politique américaine est injuste envers les Palestiniens et souhaitent voir un changement de cette politique », a fait remarquer de son côté Dr Mary Jane Deeb, professeur de sciences politiques et spécialiste du Proche-Orient à American University de Washington, dans un entretien avec Camille Grosdidier.

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