Liens d'accessibilité

L’armée française au Tchad et en RCA: Un rôle peu clair selon Roland Marchal


En RCA, l’armée française poursuit son appui aux Forces armées centrafricaines, un appui militaire qui s’est intensifié depuis la reprise, aux rebelles centrafricains, de l’aéroport de Birao le 27 novembre. Les troupes françaises sont également présentes au Tchad voisin. Elles apportent une aide logistique et au plan des renseignements à l’armée tchadienne qui fait face à des groupes rebelles dans l’Est du pays.

Dans un entretien avec Timothée Donangmaye, Roland Marchal, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris et rédacteur en chef de la revue « Politique africaine », explique que le rôle de l’armée française au Tchad et en RCA varie en fonction de la nature de chaque crise. Au Tchad, une crise politique s’est développée en relation avec celle du Darfour, a-t-il dit, soulignant que ces deux crises sont « intimement liées » et qu’on ne pourra pas « résoudre l’une sans avoir résolu l’autre. »

Dans le cas de la Centrafrique, on assiste au débordement d’une crise avec « toute une série de douaniers-combattants, de mouvements d’opposition fidèles à l’ancien président Patassé et de nostalgique, sans doute, de la grande époque Bozizé qui ont pris les armes», estime le spécialiste français. Expliquant que les interventions de l’armée française en RCA au Tchad relèvent exclusivement de l’exécutif français, sans aucun débat parlementaire, Roland Marchal affirme que cette situation est « totalement anachronique pour une démocratie. »

Le rédacteur en chef de « Politique africaine » dit qu’il espère qu’à la faveur de l’élection présidentielle française de 2007, un certain nombre d’élus français questionneront les raisons de l’assistance militaire française au Tchad et à la RCA, « peut-être pour continuer à les appuyer, mais certainement en fonction d’une stratégie de sortie de crise qu’aujourd’hui l’on ne voit pas exprimée. »

XS
SM
MD
LG