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Etats-Unis: Rebondissement dans la controverse au sujet de la guerre en Irak


Le débat s’intensifie au sein de la classe politique américaine avec la décision de l’administration Bush de rendre publics des extraits d’un rapport conjoint des services secrets américain sur la guerre en Irak et la lutte globale contre le terrorisme.

Le parti républicain, au pouvoir, estime que le renversement du régime de Saddam Hussein et les efforts américains en vue d’établir la démocratie en Irak contribuent à réduire la menace du terrorisme, notamment aux Etats-Unis. Les démocrates estiment, pour leur part, que la présence des troupes américaines en Irak intensifie au contraire la détermination des extrémistes musulmans à lutter contre ce qu’ils appellent la croisade occidentale contre l’Islam.

Chacun des deux camps à Washington cite à l’appui de sa thèse les quelques pages des évaluations conjointes des services de renseignements américains sur le terrorisme dans le monde. Le rapport secret publié en début de semaine affirme à la fois que la guerre en Irak forme une nouvelle génération de terroristes et qu’un retrait américain prématuré du pays pourrait encourager le terrorisme.

Pour la Maison Blanche, ces évaluations vont à l’encontre des arguments de tous ceux qui réclament aux Etats-Unis le rapatriement des GIs en Irak. « Mon gouvernement fera tout son possible pour protéger le pays. Nous n’allons pas laisser leurs prétextes nous empêcher de maintenir notre offensive. Le meilleur moyen de protéger l’Amérique est de vaincre ces tueurs à l’étranger pour ne pas avoir à les affronter ici chez nous, » a souligné le chef de l’exécutif américain.

Les adversaires de l’intervention américaine en Irak sont d’un autre avis. « Selon ces évaluations, nos propres agences de renseignements confirment ce que l’administration Bush a longtemps démenti, à savoir que la guerre en Irak elle-même intensifie la propagation du terrorisme dans le monde, a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin du Michigan, un des plus véhéments adversaires de la politique irakienne du président Bush.

La controverse sur la lutte anti-terroriste s’est envenimée avec le bras de fer entre l’ex-président Bill Clinton et les partisans de l’administration Bush au sujet des efforts du gouvernement américain pour éliminer le leader d’Al-Qaida, Osama Bin Laden, avant les attentats du 11 septembre 2001. « Au moins, j’ai essayé. C’est la différence entre moi et certains individus, notamment les gens de droite qui m’accusent maintenant. J’ai été plus près de le tuer que personne d’autre, » a souligné l’ex-président Clinton, en ajoutant que l’administration Bush n’a pas fait grand chose contre le réseau Al-Qaida dans les mois précédant les attentats du 11 septembre.

« Absolument faux, » a répliqué la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice. Le chef de la diplomatie américaine soutient que l’administration Bush a été au moins aussi agressive que le gouvernement Clinton dans sa campagne anti-Ben Laden. Selon les touts derniers sondages d’opinion, le parti républicain semble tirer parti du nouvel accent mis sur le terrorisme à l’approche des élections de novembre. Toutefois, le public américain reste en majorité opposé à la guerre en Irak, un thème central de la campagne électorale des démocrates.

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