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Etats-Unis : Croissance accélérée dans le secteur manufacturier en 2005


La production du secteur manufacturier des Etats-Unis a connu, au cours de l’année écoulée, son rythme de croissance le plus rapide des six dernières années. C’est ce qu’indique la NAM, l’Association nationale des entreprises dans ce secteur. Parallèlement, on a assisté à la création de 1 700 000 emplois; d’où un recul du chômage dont le taux est passé sous la barre des 5%. Quant aux salaires des travailleurs américains, ils ont augmenté de 1,7% sous l’effet du gain de la productivité et d’une contraction de la main d’œuvre.

Cela dit, quand y regarde d’un peu plus près, on voit qu’on assiste, en ce moment, à une baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, fait observer le président de la NAM. « Si l’on tient compte de l’inflation, on voit qu’en fait, les salaires n’ont pas progressé. En fait, le salaire moyen a baissé de 0,5% au cours de la même période. Pourquoi ? Essentiellement parce que la rémunération du travail n’a pas suivi la hausse des prix, et ce, notamment en raison des coûts de l’énergie qui ont crû de 23% l’an dernier », note John Engler.

Economiste principal à la NAM, David Huether calcule ce qu’il appelle « le salaire réel » en fonction de la rémunération des travailleurs, mais aussi de l’impact de l’envolée des prix de l’essence à la pompe de ces derniers mois sur la fiche de paie. « Cela montre combien l’économie américaine est vulnérable au marché mondial de l’énergie, qui pèse de plus en plus lourd sur les revenus des travailleurs américains », souligne David Huether.

S’exprimant lundi devant un groupe d’employés dans le Maryland, le président Bush a reconnu que les prix de l’énergie ont rogné sur la rémunération des travailleurs. Mon gouvernement, dit-il, s’emploie activement à la mise au point de nouvelles techniques pour réduire les importations de pétrole des Etats Unis. « Pour moins dépendre du pétrole venant de l’étranger, pourquoi ne pas demander à nos agriculteurs de produire du carburant pour nos voitures ? C’est ce qu’on fait, en ce moment », a dit M. Bush.

Le président de la NAM, John Engler, lui, souhaite que l’on aille plus loin, que l’on fasse de la réforme de notre politique en matière d’énergie une priorité de la nation. « La hausse des coûts de l’énergie porte un sérieux coup aux revenus des travailleurs. Le Congrès et l’administration Bush doivent le reconnaître, il faut absolument faire quelque chose. Dans le cas contraire, cela va continuer à entraver la croissance économique de l’Amérique, nuire à sa base industrielle et rogner sur la rémunération des salariés », souligne John Engler.

D’après l’étude de la NAM, même si les Etats Unis utilisent plus efficacement l’énergie, au cours des vingt prochaines années, les importations de pétrole entreront encore pour un tiers dans la consommation d’énergie du pays.

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