Liens d'accessibilité

Ouganda : Arrêt des hostilités entre la LRA et l’armée


Le président ougandais Yoweri Museveni a ordonné, mardi, à son armée d’arrêter les opérations contre les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur, après l’entrée en vigueur de l’accord de cessation des hostilités signé ce week-end. Pour les deux parties, cette trêve, sans précédent, pourrait mettre fin a 18 ans de guerre civile.

L’accord de cessez-le-feu a été signé le 26 août à Juba dans le Sud-Soudan. C’est la première étape vers la conclusion d’un cessez-le-feu définitif entre les deux parties. Au terme de cet accord, les combattants de la LRA doivent se rassembler sur deux sites dans le Sud du Soudan, dans un délai de trois semaines. L’un des sites est situé à la frontière avec l’Ouganda et l’autre près de la République démocratique du Congo.

« Les Forces de défense du peuple ougandais ont reçu l’ordre de créer des couloirs sécurisés que la LRA pourra emprunter pour se rendre dans les sites de cantonnement. Parallèlement, nos soldats ont été sommés de retourner dans les casernes et de se consacrer à la protection des populations déplacées à l’intérieur du pays », a expliqué le major Félix Kulaidje, porte-parole de l’armée ougandaise.

La LRA est connue pour ses atrocités commises contre les civils, notamment les enfants qui sont enlevés et transformés en combattants ou esclaves. D’après l’ONU, environ 20 mille enfants ont été ainsi kidnappés par les rebelles de la LRA dont les attaques ont fait par ailleurs près de 2 millions de déplacés.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) avait émis, en octobre 2005, des mandats d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre les leaders de la LRA - dont son numéro 1, Joseph Kony. Cependant, le gouvernement Museveni a promis de ne pas les remettre à la CPI. En contrepartie la LRA s’engage à mettre fin à l’insurrection qui a fait des milliers de morts.

Les Ougandais ont l’impression que cette fois est la bonne, et que cet accord pourrait enfin ramener la paix dans leur pays, a dit à la VOA Charles Mwanguhya, chef du Desk politique du journal le Monitor à Kampala. M. Mwanguhya a ajouté que dans le Nord, les tribus Acholi, pourtant premières victimes des exactions des rebelles de la LRA, étaient les premières à rejeter les mandats d’arrêt de la Cour de La Haye.

« Les Acholi pensent qu’il y a d’autres moyens de punir et de réintégrer ces rebelles sans nécessairement passer par la Cour pénale internationale, sans passer par un processus interminable, qui, croient-ils, ne règlera pas la question de la LRA, et ne mettra pas fin au conflit », a souligné Charles Mwanguhya, chef du Desk politique du journal le Monitor à Kampala.

XS
SM
MD
LG