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Le Tchad et la Banque mondiale ont conclu un accord intérimaire sur les revenus pétroliers


A l’issue du troisième round de leurs pourparlers, ici à Washington, les représentants du Tchad et la Banque mondiale ont conclu un accord intérimaire sur la gestion des revenus pétroliers tchadiens. Selon cet accord, la Banque reprendra ses décaissements en faveurs de sept projets de développement ainsi que le transfert, au gouvernement tchadien, d’une partie des redevances pétrolières et dividendes du compte séquestré de Londres. Les autorités tchadiennes se sont, de leur côté, engagé à investir 70% des fonds disponibles dans les projets de développement et la lutte contre la pauvreté.

« Maintenant, il y a une compréhension beaucoup plus grande des défis qui se posent au Tchad du point de vue de ses finances publiques » a dit Paolo Gomez, administrateur représentant les pays francophones à la Banque mondiale, dans une interview accordée à Lamia Gritli. Les fonds seront décaissés progressivement, a expliqué M. Gomez, ajoutant que tout un travail doit se faire au niveau de la révision du budget 2006 du Tchad.

Interrogé sur les moyens dont dispose la Banque pour s’assurer que les fonds seront utilisés à bon escient, M. Gomez a répondu « qu’il faudra que cela soit clair au niveau du budget. » Le président Déby a donné toutes les garanties, sans oublier les mécanismes prévus à ce sujet, a ajouté le représentant des pays francophones à la Banque mondiale. Pour ce qui est de la question de la sécurité, elle « devra être factorisée clairement dans la révision du budget en 2006 » a déclaré M. Gomez tout en soulignant que ce domaine ne figure pas dans l’accord conclu par la Banque mondiale et le gouvernement du Tchad.

Me Delphine Kemneloum Djiraibé, coordinatrice de l’Appel pour la paix et la réconciliation au Tchad, accuse la Banque mondiale de « connivence avec le pouvoir pour que le pouvoir utilise les fonds pour faire la guerre au détriment du développement. » Selon Me Djiraibé, la Banque a porté à 30% la part des revenus pétroliers que le gouvernement peut utiliser sans aucun contrôle. « Qu’est-ce qui fait dire que, maintenant, le pouvoir va respecter cet accord-là, et qu’est-ce qui va garantir que cet argent va être utilisé pour la réduction de la pauvreté ? » a demandé l'avocate tchadienne.

Faisant état d’une « confusion totale » dans le pays, Me Djiraibé a déploré le fait que la Banque n’ait pas saisi l’occasion pour faire pression sur le gouvernement et l’amener à entamer le dialogue avec la classe politique. Elle a réitéré l’appel de la société civile aux Tchadiens pour qu’ils boycottent l’élection présidentielle du 3 mai 2006.

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