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Crise tchadienne: Donald Yamamoto bientôt à N’Djaména


Les Etats-Unis sont déterminés à aider à résoudre la crise actuelle au Tchad. Le sous-secrétaire adjoint américain aux Affaires africaines, Donald Yamamoto, doit se rendre à N’Djaména avant la fin du mois. L’annonce de ce voyage reflète la préoccupation croissante de Washington, au sujet de la situation au Tchad.

Le principal objectif de la visite de M. Yamamoto, selon le porte-parole du département d’état, Sean MacCormack, est de souligner aux autorités tchadiennes la nécessité de dialoguer avec l’opposition pour trouver une solution politique à la crise. « Nous ferons comme par le passé et nous continuerons à faire tout notre possible pour les encourager à conclure des accords acceptables aux deux parties, mais il ne s’agit pas d’une médiation» a ajouté le porte-parole du département d’Etat.

Lors de son séjour à N’Djaména, Donald Yamamoto aura également des consultations avec des responsables de la Banque mondiale, l’autre partie dans une autre querelle, celle relative au projet pétrolier tchadien. N’Djaména menace d’interrompre sa production pétrolière en représailles au gel, par la Banque mondiale de ses programmes d’aide en faveur du Tchad et du compte où transitent les revenus pétroliers tchadiens.

Dans une interview accordée à Lamia Gritli, Suliman Baldo, directeur du département Afrique de l’ONG International Crisis Group à New York, explique qu’il serait erroné de limiter l’explication de la crise tchadienne à l’appui du Soudan aux rebelles du Front uni pour le changement. “La réalité est que le Tchad a des problèmes internes, intrinsèques,”a dit M. Baldo qui cite notamment la faillite politique, la corruption, le contrôle des revenus pétroliers tchadiens par une élite très limitée.

Pour Suliman Baldo, la colère du président Idriss Déby Itno à l’égard du Soudan tient à une réalité: Tous les présidents du Tchad ont été délogés par des rebelles partis du Darfour, y compris Idriss Deby Itno qui avait chassé Hissène Habré en 1990. L’inaction des dirigeants africains tient au fait qu’ils ont constaté un soutien du Tchad aux rebelles soudanais du Darfour, estime M. Baldo; une situation qui donne à la France des coudées franches au Tchad, pays devenu sur sorte de « chasse gardée » de Paris, a conclu le directeur du département Afrique d’International Crisis Group.

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