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Etats-Unis : le nombre d’étudiants étrangers en baisse depuis 2001


La nouvelle politique adoptée par l’administration Bush dans le domaine de l’immigration est en train de décourager les étudiants étrangers désireux de poursuivre leurs études aux Etats-Unis.

Ce cri d’alarme a été lancé par des avocats et des pédagogues réunis ici à Washington. Les participants à cette conférence ont qualifié de trop pesante la réglementation imposée suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Celle-ci décourage les étrangers voulant venir étudier, enseigner ou travailler aux Etats-Unis, et cela, en retour, prive le pays de leurs talents, ont fait valoir ces experts. Il faudrait entamer une réforme en profondeur pour que l’immigration retrouve le rôle positif qu’elle a joué au plan de la compétitivité, estiment les participants à la conférence de Washington.

Pour le président de l’Association du barreau américain, Michael Greco, lui-même un immigrant, le système en vigueur ne répond pas aux besoins de la nation. « Nos lois sur l’immigration, et notre approche du problème, ont été pratiquement schizophrènes », explique-t-il. « Parfois nous avons ouvert les portes du pays pratiquement sans restriction. D’autres fois nous avons tenté, en vain, d’ériger des barrières juridiques ou physiques. Aujourd’hui, nos lois reflètent cette confusion », estime le juriste.

Debra Stewart, présidente du Conseil des Ecoles Supérieures, a fait valoir, pour sa part, que le nombre d’étrangers cherchant à obtenir leur maîtrise ou leur doctorat dans des universités américaines a baissé de près de 50 pour cent depuis le 11 septembre 2001. L’avantage que les Etats-Unis tiraient depuis la Seconde Guerre mondiale de cet afflux des meilleurs étudiants étrangers s’évapore, a-t-elle ajouté. « Un déclin d’une telle ampleur soulève des questions graves sur la capacité des Etats-Unis à maintenir leur leadership intellectuel, vu que les études supérieures et la recherche sont les principaux moteurs de l’économie, de l’innovation et de la prospérité, », explique Madame Stewart.

Selon les experts, plusieurs facteurs - réels ou imaginaires - découragent les étudiants étrangers: la difficulté à obtenir un visa, la hausse des frais d’inscription dans les universités américaines, les efforts de recrutement des autres pays anglophones et l’idée, courante parmi les étudiants étrangers, qu’il est plus difficile de venir aux Etats- Unis qu’aller ailleurs.

Et pourtant, souligne Bill Wuff, le président de l’Académie Nationale des Ingénieurs, entre 1990 et 2004, un tiers des Prix Nobel attribués à des Américains a été décerné à des étrangers installés aux Etats-Unis. Le pays a su prélever la crème de la crème des « cerveaux » étrangers, ajoute M. Wuff. Ils sont plus nécessaires que jamais, alors même que les autres pays renforcent leurs capacités technologiques et cherchent à réaliser un essor économique à l’américaine. Maître Daryl Buffenstein, spécialiste de l’immigration, rappelle qu’il reste très difficile d’obtenir des visas pour les travailleurs étrangers hautement qualifiés.

La procédure peut prendre des mois, pour ne pas dire des années ; ce qui veut dire que les Etats-Unis sont forcés d’exporter certains emplois, à leur détriment, ajoute l’avocat. Néanmoins, les experts en sécurité disent que la sécurité et la prospérité des Etats-Unis dépendent de leur capacité à exclure les mauvais éléments, tout en accueillant les étrangers qui peuvent aider le pays à s’épanouir. Il suffirait de modifier en conséquence la législation américaine pour atteindre ces buts, font-ils valoir.

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