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Trafic de diamants en Côte d’Ivoire


Ce trafic de diamants se porte plutôt bien dans cette zone sous contrôle des ex-rebelles, malgré l’adoption, depuis 2003, du fameux processus dit de Kimberley, visant à mettre fin au commerce illicite des diamants de la guerre.

C’est ce que rapporte Nicholas Colombant, chef du bureau de la VOA à Abidjan. Un petit garçon fabrique un pendentif et ses clients sont surtout des casques-bleus français. Les diamants taillés proviennent du Libéria, d’où ils sont acheminés par des ressortissants guinéens et maliens, à pied ou à mobylette à travers la frontière. Certains de ces diamants se retrouvent en Guinée et au Mali. Selon les marchands guinéens, un petit diamant qui a coûté 50 dollars au Libéria peut coûter jusqu’à 15 000 dollars dans une bijouterie de Dubai ou de Tel Aviv. Dans tous les cas, les trafiquants ont la vie plus facile depuis que les rebelles et autres miliciens ont perdu le contrôle du Libéria.

Tel n’est pas le cas à Danané où, de l’avis des bijoutiers guinéens, les rebelles se mêlent de leurs affaires. Les bijoutiers disent qu’ils n’ont pas le choix, ils doivent coopérer avec les rebelles qui sont armés. Quand il a un bon diamant, Yaya Soumahoro travaille pour une bijouterie, quand il n’est pas sur le terrain, à extraire du diamant dans les petites rivières, près de Tortiya plus au nord. Il peut se faire facilement 40 dollars.

La même pierre peut se monnayer pour des dizaines de milliers de dollars sur le marché international. Yaya ajoute que les rebelles gagnent de plus en plus d’argent dans le commerce illicite, grâce au-dessous de tables et taxes diverses.

Selon les trafiquants libériens et les tailleurs de pierre ivoiriens, certains diamants sont écoulés localement auprès de commerçants libanais véreux, qui gèrent des hôtels où le gîte et le couvert sont gratuits. Le commandement des troupes rebelles à Séguéla a empêché l’équipe de la VOA de se rendre à Tortiya, au motif que cette zone relève d’une autre juridiction à la frontière avec le Mali.

Certains rebelles affirment lutter contre le trafic de diamant, tandis que pour d’autres, il s’agit d’un phénomène marginal. Une enquête réalisée en juillet 2005 par une équipe d’experts de l’ONU a conclu que la production de diamants avoisine les 300 000 carats par an. Il en ressort que le commerce de cette pierre précieuse procure des revenus substantiels aux rebelles.

C’est sur la base de cette étude que la France préconise un embargo sur le diamant venant s’ajouter à celui portant sur les armes en Côte d’Ivoire.

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