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Certains Camerounais prennent la justice entre leurs mains


Face à ce qu’ils estiment être la défaillance de la police et du système judiciaire, certains Camerounais commencent à recourir à la justice populaire.

C’est le cas à Bépanda, quartier de Douala où une chaîne locale de télévision a récemment filmé le lynchage d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Le suspect aurait tenté de dépouiller des gens. Dans cette zone de Douala qui connaît un sérieux problème d’insécurité, les habitants ont décidé de ne plus s’en remettre à la police et de mettre sur pied une milice d’autodéfense, constate notre correspondant Jean-Claude Mbédé qui a consacré un dossier à cet inquiétant phénomène.

Dans ce dossier, un jeune habitant de Bépanda explique qu’il est d’accord pour que les brigands soient bastonnés, mais pas tués. Un autre dit qu’il vaut mieux en finir avec les bandits, c’est-à-dire les lyncher, car un bandit battu mais laissé en vie tentera, selon lui, de se venger. Tout cela traduit la rupture du contrat de confiance entre le public, la police et la justice accusées de corruption, note notre correspondant.

« Lorsqu’on arrête un bandit, il est relâché quelques jours plus tard parce que son oncle est colonel ou commandant, » soutient un habitant de Bépanda.

« La justice de nos jours, c’est la justice des grands; quand on a de l’argent, on passe, quand on n’a pas de l’argent, on ne passe pas, » souligne un autre habitant.

Les autorités camerounaises, elles, s’inquiètent de cette montée de la justice populaire. Elles espèrent que le code de procédure pénal qui vient être révisé permettra de restaurer la confiance entre la justice et les citoyens camerounais.

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