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Mali: l’or et la galère à Sanso

  • Calie Rerodo

Le Mali figure par les pays les plus pauvres du monde qui fournissent les deux tiers de la production mondiale d’or. Au cours de la décennie écoulée, l’or a détrôné le coton comme premier produit d’exportation dans ce pays.

Des communautés villageoises comme celle de Sanso ont commencé à négocier pour une meilleure répartition des revenus générés par l’orpaillage. Elles souhaitent notamment que les compagnies étrangères aident à juguler les effets pervers à long terme de cette activité sur la santé et l’environnement.

Ancien instituteur à Sanso, Mohamed Togola est aujourd’hui chargé des relations extérieures de la mine de Morila. Selon lui, il semble que les activités minières ont semé la jalousie et la division dans le village. La communauté a placé trop d’espoirs dans l’orpaillage. Dans le cas de Morila par exemple, il y a des divergences de vues. La mine cherche à maximiser son profit et la communauté veut profiter au maximum.

La mine de Morila est conjointement exploitée par deux compagnies sud-africaines: Randgold Ressources et Anglogold Ashanti. Depuis son ouverture en octobre 2000, la mine a généré près de 180 millions de dollars de profits. Chaque compagnie a empoché 40 pour cent de cette manne contre 20 pour cent pour le gouvernement malien. Les deux sociétés utilisent du cyanure pour extraire le minerai et il y a risque de contamination, dit Samba Touré, directeur intérimaire de la mine. Il nous apprend également que la mine a déjà investi 1 200 000 dollars dans des projets communautaires.

La mine aurait notamment financé un centre de santé et des jardins. Morila est éclairé la nuit mais sept kilomètres plus loin, l’obscurité est totale à Sanso.

Chary Mariko fait partie des villageois à qui la mine a apporté beaucoup. Mais pour Mme Josson Mariko, c’est le contraire. Elle lavait auparavant les habits des mineurs. Cette occupation a pris fin et aucun de ses enfants n’a pu y trouver un emploi.

Les mineurs ont observé l’an dernier une grève pour obtenir que la mine mette sur pied un fond de développement communautaire de 500 000 dollars.

L’un des manageurs de la mine répondant au nom de Touré affirme que la mine de Morila est une Rolls Royce en matière de protection de l’environnement. Il ajoute que les propriétaires sud-africains respecteront les normes internationales quand ils fermeront la mine dans 6 ans.

Ce n’est pas l’avis du militant de la Fondation Sahel qu’est M. Sangaré. Le chargé des relations extérieures de la communauté de Morila pense que, si des projets de développement économique à long terme ne sont pas mis en place, les gens iront s’installer ailleurs quand la mine aura fermé.

Le village de Sanso deviendra, prédit-il, une ville fantôme.

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