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Pour Hillary Clinton, six jours pour triompher en Californie


En Californie : Bernie Sanders à Santa Maria, le 28 mai 2016, Hillary Clinton à Oakland, le 27 mai 2016, et Donald Trump à Fresno, le 27 mai 2016.

En Californie : Bernie Sanders à Santa Maria, le 28 mai 2016, Hillary Clinton à Oakland, le 27 mai 2016, et Donald Trump à Fresno, le 27 mai 2016.

Terminer avec les honneurs: c'est l'objectif de Hillary Clinton, assurée de sceller l'investiture présidentielle démocrate mardi, lors de primaires dans six Etats, mais résolue à arracher une victoire symbolique en Californie contre son opiniâtre rival, Bernie Sanders.

Pour réussir cette dernière ligne droite, la candidate et Bill Clinton débarquent jeudi en Californie, l'Etat américain le plus peuplé et bastion progressiste depuis plus d'un quart de siècle, et y feront campagne en continu jusqu'à mardi. Hillary Clinton y avait déjà passé une partie de la semaine dernière.

L'ancienne secrétaire d'Etat se trouve dans la situation paradoxale d'être à deux doigts d'un pas historique, en devenant la première femme investie par l'un des deux grands partis des Etats-Unis, tout en souffrant d'un déficit croissant de sympathie auprès des Américains.

Son défi des cinq prochains mois, jusqu'à la présidentielle du 8 novembre, consiste à unifier le peuple démocrate, dont une partie a plébiscité la révolution politique prônée par le sénateur du Vermont, et à regagner la confiance des électeurs du centre en dissipant l'odeur de soufre qui l'entoure depuis l'éclatement de l'affaire de sa messagerie privée.

Un rapport de l'inspecteur général du département d'Etat, publié la semaine dernière, a fustigé son recours à un compte privé lorsqu'elle dirigeait la diplomatie, relançant les attaques républicaines.

Reste que l'arithmétique des primaires est implacable. Avec 2.313 délégués en poche, Hillary Clinton est à 70 délégués de sceller sa victoire. La candidate devrait encore se rapprocher de la majorité avec les votes des Îles Vierges samedi (7 délégués en jeu) et Porto Rico dimanche (60 délégués). Et mardi, quoiqu'il arrive, elle remportera au moins une fraction des 694 délégués en jeu (Californie, Montana, New Jersey, Nouveau-Mexique, Dakota du Nord et du Sud), soit largement de quoi atteindre 2.383.

Mais Bernie Sanders conteste le calcul. Affirmant, sondages à l'appui, être le candidat le plus fort contre le républicain Donald Trump, il exhorte les superdélégués qui ont prêté allégeance à Hillary Clinton de voter pour lui à la convention d'investiture de Philadelphie (25-28 juillet). Ces quelque 700 responsables et élus du parti ne sont liés par aucune primaire, et leur voix ne deviendra effective que lors de la convention.

"C'est notre campagne qui crée l'énergie et l'enthousiasme", a-t-il dit mercredi, soulignant que 200.000 Californiens avaient assisté à ses meetings.

- Clinton favorite des sondages -

"Je pense que je serai la candidate démocrate investie, mais je veux finir en beauté en Californie, car nous avons besoin de nous rassembler pour nous attaquer à Donald Trump et l'empêcher de ramener notre pays en arrière", a plaidé Hillary Clinton sur la chaîne locale ABC7.

Comme depuis le début de la campagne, les foules de ses meetings sont moins grandes que celles de Bernie Sanders, mais elle bénéficie du soutien du gouverneur, Jerry Brown, et de la quasi-totalité des élus démocrates californiens au Congrès.

Les sondages lui donnent l'avantage, mais une enquête NBC/Wall Street Journal parue jeudi ne lui accorde plus que deux points d'avance sur Bernie Sanders. Ces études se sont toutefois parfois trompées cette année, et Bernie Sanders devrait profiter de l'ouverture de la primaire aux électeurs sans étiquette, qui ont majoritairement voté pour lui ailleurs dans le pays.

Mais près de la moitié des votants aux primaires de 2008 étaient non-blancs, un électorat au sein duquel Hillary Clinton domine.

La démocrate doit prononcer jeudi un discours sur la politique étrangère à San Diego, fidèle à sa stratégie de se présenter comme une femme d'Etat expérimentée et rodée aux crises internationales, à l'inverse de Donald Trump, qu'elle qualifie de "danger public".

"Donald Trump s'est complètement disqualifié", a-t-elle déclaré mercredi à Newark, dans le New Jersey. "Il veut sortir de l'Otan, il a chanté les louanges du dictateur de Corée du Nord, et propose que d'autres pays acquièrent l'arme nucléaire".

Mais entre elle et Donald Trump, l'écart s'est resserré dans les sondages: elle n'a que 1,5 point d'avance en moyenne pour la présidentielle, selon le site RealClearPolitics.

Avec AFP

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