Liens d'accessibilité

Primaires pour la Maison Blanche : Trump et Clinton favoris du "super mardi"


Les favoris du "super mardi" : le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton, Nashville, Tenn., le 28 février 2016.

Les favoris du "super mardi" : le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton, Nashville, Tenn., le 28 février 2016.

Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton sont les favoris du "super mardi" des primaires pour la Maison Blanche, journée capitale qui pourrait consacrer l'échappée du milliardaire vers l'investiture du parti républicain.

Les primaires du 1er mars auront lieu dans 11 Etats pour chaque parti (12 au total). En soi, elles ne mettront pas fin à la compétition: les électeurs de dizaines d'autres Etats voteront jusqu'en juin.

Mais elles pourraient donner une avance significative à Donald Trump et à Hillary Clinton dans la course aux délégués pour les conventions d'investiture de juillet - et peut-être enterrer les espoirs de leurs rivaux de les rattraper.

L'ex-secrétaire d'Etat est favorite du "super mardi" des démocrates. Elle vient d'infliger une déroute au sénateur du Vermont Bernie Sanders en Caroline du Sud samedi, et a entre 20 et 34 points d'avance au Texas, en Géorgie et dans le Tennessee, selon des sondages publiés dimanche par NBC/Wall Street Journal.

La candidate est si confiante qu'elle passe plus de temps qu'auparavant à parler de l'étape d'après, l'élection de novembre.

"Je ne crois pas que l'Amérique ait cessé d'être grande. Ce que nous devons faire, c'est rendre à l'Amérique son unité", a-t-elle dit lundi dans le Massachusetts, l'un des Etats du super mardi, balayant le slogan de Donald Trump, sans le nommer. "Nous ne pouvons accepter que les républicains désignent des boucs-émissaires, accusent, pointent du doigt".

Bernie Sanders a reconnu avoir été "tué" en Caroline du Sud, où 86% des Noirs ont voté pour l'épouse de Bill Clinton. Sa stratégie dépend donc des Etats où les minorités sont moins représentées: Massachusetts, Minnesota, Oklahoma, Colorado, et bien sûr son propre Etat du Vermont, frontalier du Québec.

Mathématiquement, il est impossible qu'Hillary Clinton obtienne la majorité des 4.763 délégués à court terme, a fortiori mardi. Son équipe répète aux journalistes que ce sera un marathon.

Mais la candidate a montré ses muscles en remportant trois des quatre premières consultations depuis un mois, redonnant un second souffle à sa campagne alors que Bernie Sanders se rapprochait dangereusement d'elle dans les sondages depuis janvier.

- Guerre civile chez les républicains -

Donald Trump continue quant à lui de dominer ses quatre poursuivants, notamment les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas).

Il recueille 49% des intentions de vote des républicains, au niveau national, selon un sondage CNN publié lundi et réalisé la semaine dernière, avant la dernière salve très virulente d'attaques lancées par Marco Rubio (16%) et Ted Cruz (15%), avec 5 points de marge d'erreur.

Jamais Donald Trump n'avait été aussi haut dans un sondage, montrant que les abandons d'autres candidats ces dernières semaines lui bénéficient.

L'homme d'affaires a gagné, avec une marge impensable il y a plusieurs mois, les trois derniers scrutins: New Hampshire, Caroline du Sud, Nevada.

Il a montré que sa cote dans les sondages n'était pas qu'un mirage et a réussi à ratisser large, des conservateurs aux républicains modérés. Aucune controverse, aucun dérapage ne l'a fait trébucher à ce jour, mais jamais les attaques contre lui n'ont été aussi dures que ces derniers jours.

"Ce n'est pas moi, je suis un messager, c'est vraiment un mouvement, nous allons reprendre notre pays, nous allons le gérer intelligemment au lieu d'être idiots", a-t-il lancé, avec sa casquette rouge "Rendre à l'Amérique sa grandeur", devant une foule record dimanche à Madison, dans l'Alabama. Quelque 32.000 personnes, selon lui, y étaient, un nombre étourdissant pour la campagne électorale américaine.

L'inquiétude s'est transformée en panique chez les barons républicains qui promettent que l'investiture de Donald Trump signera la défaite à la présidentielle et transformera le parti pour une génération.

Son hégémonie a du reste provoqué un nivellement par le bas de la campagne, et les insultes volent depuis jeudi, un spectacle déploré par les deux autres candidats en course, le gouverneur de l'Ohio John Kasich et l'ancien neurochirurgien Ben Carson.

Marco Rubio et Ted Cruz ont décidé d'adopter le registre du milliardaire en s'en prenant à son allure, ses faillites, ses revenus. Ted Cruz a sous-entendu que le promoteur immobilier avait pu faire affaire avec la mafia.

Donald Trump "est le Bernie Madoff de la politique américaine", a dit lundi Marco Rubio à Fox News, en référence au financier condamné pour escroquerie.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG