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Sécurité et terrorisme au coeur des discussions entre Obama et Kenyatta


Les présidents Barack Obama et Uhuru Kenyatta arrivent au Parlement à Nairobi le 25 juillet 2015.

Les présidents Barack Obama et Uhuru Kenyatta arrivent au Parlement à Nairobi le 25 juillet 2015.

Les présidents américain Barack Obama et kényan Uhuru Kenyatta ont présidé samedi un dialogue bilatéral entre leurs deux pays, en présence notamment du vice-président kényan William Ruto, poursuivi par la justice internationale pour crimes contre l'humanité.

En ouverture du dialogue au palais présidentiel, Uhuru Kenyatta a évoqué les "nombreux défis auxquels nous sommes confrontés, en tête desquels la sécurité, que je pense nous pouvons surmonter si nous travaillons ensemble".

"Aucun pays ne peut s'attaquer à ce problème seul, nous avons besoin de partenaires", a-t-il ajouté.

Le Kenya a été visé ces dernières années par une série d'attentats sanglants perpétrés par les islamistes somaliens shebab, que les États-Unis combattent eux-mêmes en Somalie via des attaques de drones.

Barack Obama effectue samedi et dimanche une visite dans le pays de son père, inédite depuis qu'il est à la Maison Blanche et qui a longtemps été empêchée par l'inculpation du président Kenyatta lui-même devant la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Les poursuites contre M. Kenyatta devant la CPI ont été abandonnées, faute de preuves. Mais le vice-président Ruto, qui était dans le camp opposé à celui de M. Kenyatta lors de la présidentielle de 2007 ayant débouché sur les violences, reste lui inculpé pour crimes contre l'humanité devant la CPI.

La victoire controversée du président sortant Mwai Kibaki fin 2007, soutenu par Uhuru Kenyatta, face à Raila Odinga, soutenu par William Ruto, avait débouché sur de sanglants affrontements ethniques au Kenya: plus de 1.000 personnes étaient mortes et quelque 600.000 déplacées. Outre son inculpation devant la CPI, M. Ruto a récemment multiplié les sorties homophobes.

Lors d'une précédente visite en mai du secrétaire d'Etat américain John Kerry, venu lui aussi au Kenya parler de sécurité et de droits de l'homme, M. Ruto avait affirmé, selon la presse locale: "Nous ne tolèrerons pas l'homosexualité dans notre société car cela viole nos croyances religieuses et culturelles".

Début juillet, selon des propos également rapportés par la presse kényane, il a encore affirmé: "Nous avons entendu que les États-Unis avaient autorisé les relations homosexuelles et d'autres choses dégoûtantes (...) Je veux vous dire, en tant que dirigeant chrétien, que nous allons défendre notre foi et notre pays". L'homosexualité est punie par la loi au Kenya depuis la colonisation britannique, mais elle est très rarement sanctionnée dans les faits.

Avant l'arrivée de Barack Obama, M. Kenyatta avait estimé que la question des droits des homosexuels était "un non-sujet" et qu'elle ne serait pas au programme des discussions, qui doivent surtout être consacrées à la lutte contre le terrorisme.

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