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Mandela avait privilégié la paix, plutôt que la vengeance


Nelson Mandela, ancien héros de la lutte anti-apartheid, qui vient de décéder après plusieurs semaines d’hospitalisation pour une infection pulmonaire, avait opté pour la réconciliation, une fois élu président.

Des efforts couronnés en 1993 par le Prix Nobel de la Paix, qu’il avait reçu conjointement avec l'ex-président sud-africain Frederik de Klerk.

Né le 18 juillet 1918 à Mvezo, au Transkei, au sein de la famille royale Thembu de l’ethnie Xhosa, Rolihlahla Dalibhunga Mandela a été élu président le 27 avril 1994 à l’occasion du tout premier scrutin multiracial de l’histoire du pays, qui a vu la victoire de son parti, le Congrès national africain (ANC).

Mandela a rejoint l’ANC en 1944, alors qu’il faisait ses études en droit. Admirateur de Gandhi, il est confronté à une dure réalité lorsque l’Afrique du Sud se dote en 1948 de lois ségrégationnistes connues sous le nom d’apartheid.
Une fois devenu l’un des premiers juristes noirs du pays, il avait rapidement brillé au sein de l’ANC, organisant en 1952 des campagnes de désobéissance civile inspirées de l’exemple de Gandhi. Arrêté à plusieurs reprises, placé sous surveillance, il affronte une répression toujours plus violente, dont le massacre de Sharpeville en 1960.

Finalement, il finirait par prôner la lutte armée contre l’Apartheid, aidant à fonder le groupe militant Umkhonto we Sizwe en 1961, et menant une campagne de sabotage. Arrêté le 5 août 1962, il est traduit en justice aux côtés d’autres militants de l’ANC. Jugé pour sabotage et tentative de renversement du gouvernement, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Même s’il fait valoir devant ses juges qu’il a agi dans le cadre « du combat du peuple africain pour une société libre ».

Les défenseurs de l'apartheid ont également accusé Mandela d'être communiste. Il se targuait d’être uniquement un nationaliste dont l'ambition était de donner aux noirs l'opportunité de devenir capitalistes. Un but exposé en 1955 dans la Charte pour la Liberté de l'ANC.

Mais selon un historien britannique, le professeur Stephen Ellis, M. Mandela aurait bel et bien fait partie du Parti communiste sud-africain au début des années 1960.
Mandela connaitrait plusieurs prisons, celles de Pollsmoor et Victor Verster, et il passerait 18 ans sur l’Ile prison de Robben Island, au large du Cap, devenant un symbole de l’injustice de l’apartheid. Un régime déconsidéré qui deviendrait de plus en plus isolé aux cours des années 1970, puis 1980.

Eventuellement, Prétoria serait forcé de solliciter son appui pour mettre fin aux troubles à travers le pays. Libéré en février 1990, après que le président Frederik de Klerk eut légalisé tous les partis politiques, Mandela dirige les négociations qui mettent fin aux lois racistes.

En 1993, lcomité Nobel lui rendait hommage pour sa contribution au processus de paix en Afrique du Sud en le désignant lauréat du Prix Nobel de la Paix, conjointement avec son ancien ennemi, M. de Klerk.

Personne n’a été surpris quand M. Mandela a félicité le peuple sud-africain. « Tous ont créé une société qui reconnaît que tous les hommes naissent égaux » déclarait M. Mandela à l’époque.

L’année suivante, il se présente à l’élection présidentielle, à l’âge de 75 ans et se voit élu à la tête d’un pays traumatisé par des décennies de discrimination raciale. « Moi, Nelson Rolihlahla Mandela, jure d’être fidèle à la République d’Afrique du Sud, avec l’aide de Dieu » déclarait M. Mandela lors de son investiture au poste de premier président noir d’Afrique du Sud le 10 mai 1994. Un triomphe après près de trois décennies en prison pour s'être opposé au régime raciste de la minorité blanche.

« Jamais, jamais, et jamais plus cette belle terre ne fera à nouveau l'expérience de l'oppression des uns par les autres » déclare Nelson Mandela lors de son investiture.
Au terme de son premier mandat, le « Père de la nation », comme on le surnomme aujourd’hui, s’est retiré en 1999 pour se consacrer à des œuvres caritatives, notamment la lutte contre la pauvreté et le VIH/sida.

Séparés durant la plupart de leur vie conjugale, Nelson Mandela et sa seconde épouse, Winnie, sont restés ensemble après sa sortie de Robben Island, mais ont rapidement connu des désaccords, avant de divorcer. Lors de son 80e anniversaire, M. Mandela a épousé Graça Machel, veuve de l'ancien président mozambicain Samora Machel.

Certains ont critiqué M. Mandela après son investiture à la présidence, lui reprochant de n’avoir pas fait suffisamment pour lutter contre la pandémie du VIH/sida en Afrique du Sud. Cependant, par la suite, il s’est lancé publiquement dans ce combat. L’un de ses fils décédera d’ailleurs du sida.
Si l’Afrique du Sud reste bouleversée par des années de conflit racial, Nelson Mandela est considéré comme un leader remarquable - un homme qui a su écarter le pays de la violence et de la haine et en faire une nation davantage orientée vers la paix, la réconciliation et la compréhension.
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