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La CPI exhorte de nouveau la communauté internationale à exécuter les mandats d'arrêt contre Ntaganda et Kony


Fatou Bensouda, procureure de la CPI

Fatou Bensouda, procureure de la CPI

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a réitéré cet appel à l'occasion de la Journée internationale de la fille.

La nouvelle procureure de la Cour pénale internationale (CPI) s’est montrée catégorique dans un communiqué de presse publié à l’occasion de la toute première Journée internationale de la fille observée jeudi 11 octobre 2012. Fatou Bensouda a réclamé l'arrestation d'individus recherchés par cette juridiction internationale pour des crimes commis à grande échelle, en particulier contre des femmes et des filles.

« Il est impératif de procéder à l’arrestation des personnes recherchées par la CPI comme Joseph Kony, Bosco Ntaganda et Omar al-Bachir et de les transférer à La Haye pour les juger afin de mettre un terme à ces crimes commis à grande échelle et que justice soit rendue à leurs victimes. À l’occasion de cette première journée internationale de la fille et au nom de toutes les victimes de crimes commis dans le monde, j’exhorte une nouvelle fois la communauté internationale à exécuter ces mandats d’arrêt et à répondre à la détresse des victimes », a précisé Mme Bensouda dans son communiqué.

Fatou Bom Bensouda, née le 31 janvier 1961 à Banjul, a pris ses fonctions le 16 juin 2012 remplaçant le premier procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo. Mme Bensouda a été élue par l’Assemblée des États parties (AEP ou Assemblée) pour un mandat de neuf ans. Cette avocate gambienne occupait, auparavant, le poste de procureure adjointe pendant huit ans.

Un trio qui court toujours

Pour ce qui est des hommes recherchés, parlons d’abord de Bosco Ntaganda. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), ce général mutin des Forces armées de la RDC (FARDC) a pris la tête du M23, un groupe rebelle accusé d'avoir commis de nombreuses exactions contre les civils dans l'est du Congo-Kinshasa.

De son côté, Joseph Kony est accusé de multiples atrocités, notamment contre des enfants. Il est le chef de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais qui sévit aux confins de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine.

Enfin, Omar al-Bachir est le Président du Soudan, dont le gouvernement est accusé d'atrocités dans la province soudanaise du Darfour.

Tous trois font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre ou crimes contre l'humanité.
Les filles ne sauraient être utilisées comme esclaves sexuelles ou soldats ni être violées ...

Pour Mme Bensouda, « les souffrances endurées par les filles dans le monde entier lors de conflits armés constituent un problème pressant et une priorité absolue à mes yeux en tant que Procureur de la CPI ».

« Les filles figurent parmi les membres les plus vulnérables de la société : elles ne sauraient être utilisées comme esclaves sexuelles ou soldats ni être violées, subir des violences sexuelles ou être contraintes à assister à des agressions sexuelles atroces.

Je continuerai de prendre en compte les crimes à caractère sexiste et les crimes contre les enfants, visés par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, dans nos chefs d’accusation et je m’efforcerai de faire pleinement appliquer la loi en leur nom pour que les personnes qui portent la responsabilité la plus lourde répondent de leurs actes.

J’ai récemment annoncé que mon Bureau œuvrait en vue de l’adoption d’un document de politique générale relatif à la situation des enfants qui inclurait cette question essentielle. Les femmes de demain ont un rôle important à jouer au cœur de nos sociétés, de nos communautés et de nos familles.

Les filles du monde entier ne devraient pas être privées du droit fondamental de jouer, d’apprendre et de profiter de leur enfance », a fait ressortir la procureure de la CPI.

À la suite de cet appel réitéré par Fatou Bensouda, Jacques Aristide a recueilli la réaction de Géraldine Mattioli-Zeltner, chargée des questions de justice internationale à l’ONG Human Rights Watch (HRW) à Stuttgart en Allemagne:
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